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4e mandat à la Fegafoot : la candidature de Pierre-Alain Mounguengui déclenche une fronde en ligne

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La polémique enfle autour de la Fédération gabonaise de football. Depuis l’annonce de la candidature de Pierre-Alain Mounguengui à un quatrième mandat, acteurs du football, supporters et internautes multiplient les réactions sur les réseaux sociaux. Au cœur des critiques : la longévité du président sortant, en poste depuis douze ans, et le bilan de sa gouvernance à la tête de l’instance faîtière.

Âgé de 69 ans, ancien arbitre international, ex-président de la Ligue nationale de football, Pierre-Alain Mounguengui dirige la Fegafoot depuis 2014. Reconduit en 2022, il a officiellement déposé sa candidature pour briguer un nouveau bail, malgré un climat déjà lourd autour de son maintien. Cette nouvelle ambition provoque aujourd’hui une véritable tempête médiatique, tant au sein de l’opinion sportive que dans les espaces numériques.

Une candidature qui crispe bien au-delà des cercles sportifs

Pour nombre d’observateurs, ce quatrième mandat apparaît comme celui de trop. Plusieurs voix dénoncent un système verrouillé, peu favorable au renouvellement des dirigeants et à l’émergence d’une nouvelle génération de responsables.

Jean Hugues Mbenteghe résume ce sentiment de lassitude : « La persistance de ce système qui ne semble pas prêt à disparaître, c’est profondément regrettable pour le foot gabonais. Face à un système voué à perdurer, le constat est amer pour le foot gabonais. »

Dans le même registre, Igor Gabriel Oligui rejette frontalement cette nouvelle candidature : « Nous disons non au monsieur, il a fait son temps, qu’il laisse, ce n’est pas un titre foncier. »

« Il a fait son temps » : la lassitude d’une partie de l’opinion

Au fil des commentaires, une idée revient avec insistance : celle d’un cycle arrivé à épuisement. Plusieurs internautes estiment que Pierre-Alain Mounguengui devrait céder la main, au lieu de prolonger indéfiniment son règne sur le football gabonais.

Ogoula Jérémie l’invite ainsi à prendre sa retraite, pendant que Siba Ingrid Fannie s’indigne : « Je crois que c’est sanguinaire, cette histoire de mourir à un poste, même quand on a montré nos limites à un endroit. Laissez un peu la place aux jeunes, didonc. »

Même tonalité chez Okome Obame Marie-Jeanne, qui ne valide pas non plus cette candidature : « Vous aussi, ce n’est pas l’héritage des parents. Même le mandat d’un président est de 7 ans. » Derrière la formule, une critique claire : la fédération ne peut être gérée comme une propriété personnelle.

Le vrai verrou, selon certains : le système électoral

Au-delà de la personne de Mounguengui, plusieurs commentaires pointent surtout le mécanisme qui rend possible une telle longévité. Pour Félicien Nguema, la vraie question n’est pas seulement celle de la candidature, mais celle des électeurs : « Il sait pourquoi il se présente. Le véritable problème est de se poser cette question : qui va l’élire ? Ceux qui ont fait les beaux jours de notre football sont simplement des spectateurs, et champ libre. »

Cette critique est prolongée par Téta Bengs Mouvagha, qui élargit le débat : « La majorité des ligues provinciales sont avec lui, idem pour les clubs. Donc le problème, ce n’est pas seulement lui, mais c’est le système du football gabonais qui est pourri. Comment pouvez-vous trouver normal qu’il soit encore soutenu ? »

Autrement dit, pour ces voix critiques, le maintien de Mounguengui n’est pas qu’un problème individuel. Il serait le symptôme d’un dispositif institutionnel plus profond, fondé sur des fidélités installées et des soutiens internes solides.

Une contestation politique, mais un verrou juridique encore intact

Si la contestation est vive sur le terrain de l’opinion, elle se heurte toutefois à un argument juridique avancé par les partisans du président sortant. Certains rappellent que la limitation à trois mandats maximum n’aurait pas d’effet rétroactif.

C’est la lecture défendue par Mac Mackobou Ma Mouckagni. Selon lui, Pierre-Alain Mounguengui peut légalement briguer un quatrième mandat, parce que la nouvelle règle limitant à trois mandats de quatre ans ne s’appliquerait qu’à partir de son entrée en vigueur, sans affecter ses mandats antérieurs.

La base invoquée est l’article 38, alinéa 4, des nouveaux statuts de la Fegafoot, adoptés récemment pour se conformer aux exigences de la FIFA et de la CAF. Ces statuts auraient été intégrés en 2025, alors que Mounguengui avait déjà effectué plusieurs mandats. Ses soutiens estiment donc que le « compteur » repart à zéro à partir de cette réforme.

L’âge, le bilan et la commission électorale au centre des attentes

D’autres voix, à l’inverse, espèrent que la commission électorale invalidera sa candidature. Nel Agnès avance ainsi : « La commission peut rejeter son dossier pour atteinte à la limite d’âge et zéro résultat. Le pays là est vraiment bizarre. »

Ce commentaire illustre une autre ligne d’attaque : au-delà de la légalité stricte, certains contestataires estiment que le bilan sportif et institutionnel du président sortant ne justifie plus sa reconduction. Les critiques portent sur les résultats, mais aussi sur l’image globale du football gabonais sous sa présidence.

Une bataille qui dépasse la seule personne de Mounguengui

Le débat autour de cette candidature révèle en réalité une crise plus large de gouvernance. D’un côté, un président expérimenté, solidement implanté, appuyé par un réseau de ligues et de clubs. De l’autre, une opinion sportive exaspérée, qui réclame du renouvellement, plus de résultats et une autre vision du football national.

À mesure que l’échéance approche, la question n’est donc plus seulement de savoir si Pierre-Alain Mounguengui peut se représenter. Elle est aussi de savoir si le football gabonais veut encore prolonger un système qu’une part croissante de ses acteurs juge à bout de souffle.

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