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Affaire Axel Levi : Jennifer de Mayombo fustige les dérives et le silence dans les Églises
La journaliste gabonaise Jennifer de Mayombo épouse Kangouna est montée au créneau, ce samedi 3 octobre, après la polémique qui secoue l’Église Mission Faiseur de Disciples (MFD) en région parisienne. Réagissant à la destitution d’Axel Levi et de son épouse, la pasteure Laurine Levi, elle a livré une charge particulièrement sévère contre les dérives qu’elle estime encore trop souvent couvertes au nom du pardon chrétien. Une prise de parole dans laquelle elle appelle les communautés religieuses, notamment au Gabon et en Afrique, à rompre avec le silence et la complaisance.
La polémique a éclaté fin septembre lorsque la MFD a annoncé avoir destitué Axel et Laurine Levi de « toutes leurs fonctions ministérielles » pour des « faits très graves », sans toutefois détailler dans son communiqué la totalité des faits ayant motivé cette mesure. De son côté, Axel Levi avait indiqué, dans une lettre ouverte, avoir été suspendu le dimanche 27 septembre pour une durée indéterminée. Il y reconnaissait avoir commis l’adultère et entretenu des relations sexuelles qu’il affirme consenties avec plusieurs femmes, certaines appartenant à l’Église et d’autres extérieures à celle-ci.
« Le pardon ne doit jamais devenir une couverture »
Axel Levi a néanmoins rejeté les accusations d’agression, de viol ou de contrainte circulant à son encontre, affirmant que les relations qu’il reconnaît étaient consenties. Dans une vidéo commune diffusée le samedi 3 octobre, Axel et Laurine Levi ont ensuite pris la parole pour demander pardon. Selon plusieurs comptes rendus de cette intervention, les deux époux ont reconnu des infidélités au cours de leur mariage, tout en contestant certaines autres accusations diffusées sur les réseaux sociaux.
C’est dans ce contexte que Jennifer de Mayombo a réagi. « Ce qui devrait nous choquer ne nous choque plus. En 2026, nous voyons encore des abus, des manipulations, des infidélités et des comportements graves au sein de l’Église. Et trop souvent, on répond : “La chair est faible. Dieu te fortifie” », déplore-t-elle. La journaliste refuse surtout que le principe chrétien du pardon puisse être utilisé, selon elle, pour écarter la question des responsabilités : « Non. Le pardon ne doit jamais devenir une couverture pour le mal. La grâce n’annule pas la responsabilité. »
Jennifer de Mayombo dénonce la culture du silence
La Gabonaise va plus loin en s’attaquant à une pratique qu’elle estime profondément ancrée dans certaines communautés chrétiennes : protéger à tout prix l’image du responsable religieux ou de l’institution. « Pendant des années, on nous a appris à nous taire pour protéger les hommes de Dieu, leur réputation et l’institution. Mais depuis quand protéger l’Église signifie-t-il protéger ceux qui font du mal ? Un titre, une chaire, une soutane ou le fait de prêcher ne rendent personne irréprochable », martèle-t-elle.
Pour Jennifer de Mayombo, les institutions religieuses doivent avant tout constituer des espaces sûrs pour les fidèles. « L’Église devrait être un refuge pour les blessés, pas un endroit où les blessures sont cachées », poursuit-elle, avant d’appeler les communautés à davantage de vigilance : « Il est temps d’arrêter de fermer les yeux. Il est temps de regarder nos communautés avec vérité, de protéger les victimes et de dénoncer le mal. » Ces propos constituent toutefois une réflexion générale de la journaliste sur les dérives religieuses et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir l’existence de victimes d’infractions pénales dans l’affaire Axel Levi.
« L’Église du Gabon est malade »
La journaliste élargit ensuite son propos au Gabon et au continent africain. Elle estime que certaines dérives seraient connues au sein des communautés religieuses, mais insuffisamment dénoncées par peur des conséquences spirituelles ou sociales. « L’Église du Gabon est malade. Ils le savent tous, mais ils se taisent : par complaisance, par crainte ou par peur de la fameuse lèpre. Mais cette lèpre existe-t-elle vraiment ? Ou n’était-ce qu’une image utilisée pour nous apprendre à nous taire ? », s’interroge-t-elle.
Jennifer de Mayombo conclut son intervention par un constat encore plus large : « L’Église du Gabon est malade. L’Église d’Afrique est malade. Bref, l’Église est malade. Et le plus difficile à admettre, c’est que nous aussi, nous sommes malades. » Une déclaration qui traduit sa volonté de voir les communautés chrétiennes examiner également leurs propres mécanismes de protection, de discipline et de responsabilité.
Une repentance qui divise la communauté chrétienne
La prise de parole d’Axel et Laurine Levi continue en effet de susciter des réactions contrastées dans la sphère chrétienne francophone. Certains internautes mettent en avant le pardon, la repentance et la possibilité d’une restauration spirituelle, tandis que d’autres considèrent que le pardon religieux ne doit pas effacer les conséquences liées aux actes reconnus. L’Église MFD avait, pour sa part, affirmé dans son communiqué ne tolérer aucun comportement portant atteinte à « l’intégrité, à la dignité ou à la sécurité des personnes ».
À ce stade, les faits publiquement reconnus par Axel Levi concernent notamment l’adultère et des relations extraconjugales qu’il affirme consenties. Aucune procédure judiciaire liée à cette affaire n’a été rendue publique en France à ce jour, selon les sources consultées. Il convient donc de distinguer les fautes reconnues par les intéressés, la sanction interne prononcée par la MFD et les autres accusations circulant sur les réseaux sociaux, qui ne peuvent être présentées comme établies en l’absence d’éléments vérifiés.