Cinéma
Cannes 2026 : Ben’Imana, coproduit par Samantha Biffot, décroche la Caméra d’or
Le cinéma africain signe une consécration majeure sur la Croisette. Présenté dans la section Un Certain Regard du 79e Festival de Cannes, Ben’Imana, premier long métrage de la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusabejambo, a remporté la Caméra d’or 2026, distinction attribuée au meilleur premier film toutes sections confondues. Pour le Gabon, cette victoire porte aussi la signature de Samantha Biffot, coproductrice gabonaise du film, saluée par l’Institut gabonais de l’image et du son.
Une consécration historique pour une coproduction africaine
Le sacre de Ben’Imana marque une étape importante pour le cinéma africain. Le film, sélectionné à Cannes parmi les premiers longs métrages en lice pour la Caméra d’or, a été distingué au terme d’une édition particulièrement suivie. Le Festival de Cannes présente officiellement l’œuvre comme un premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, récompensé par la Caméra d’or 2026.
Cette précision est essentielle : Ben’Imana n’est pas réalisé par Samantha Biffot, mais coproduit par la cinéaste et productrice gabonaise. Le film est une œuvre rwandaise portée par Marie-Clémentine Dusabejambo, avec une coproduction internationale associant notamment le Rwanda, le Gabon, la France, la Norvège et la Côte d’Ivoire.
Samantha Biffot, une présence gabonaise au cœur du projet
À travers cette coproduction, Samantha Biffot inscrit le Gabon dans l’une des plus hautes reconnaissances du cinéma mondial. L’IGIS a salué cette victoire comme une fierté pour le pays, en mettant en avant l’accompagnement du projet et la place croissante des talents gabonais dans les grands rendez-vous internationaux.
Cette distinction vient renforcer le rôle des coproductions africaines dans la circulation des récits du continent. Elle montre aussi que le cinéma gabonais peut exister à Cannes non seulement par la réalisation, mais également par la production, la structuration de projets et les alliances artistiques internationales.
Un récit sur la mémoire et la reconstruction
Ben’Imana se déroule au Rwanda en 2012, dans les années suivant le génocide contre les Tutsi. Le récit suit Vénéranda, une survivante engagée dans des initiatives communautaires de justice et de réconciliation. Mais la grossesse inattendue de sa fille la pousse à interroger ses propres convictions, dans un pays encore travaillé par les blessures de l’histoire.
Marie-Clémentine Dusabejambo a expliqué avoir voulu rendre hommage aux femmes de son pays, en particulier à celles qui portent, dans le silence et la dignité, une part essentielle de la guérison nationale. Une intention artistique qui donne au film une forte dimension mémorielle et humaine.
Une double reconnaissance critique
En plus de la Caméra d’or, Ben’Imana a également été distingué par le Prix de la critique internationale, selon plusieurs relais spécialisés et médias ayant couvert le palmarès. Cette double reconnaissance confirme l’accueil favorable réservé au film par les professionnels et les critiques présents à Cannes.
Pour Samantha Biffot et les partenaires du projet, cette victoire ouvre une nouvelle fenêtre de visibilité. Le film devrait désormais bénéficier d’une attention accrue avant sa sortie en salles, annoncée autour de 2026-2027 selon les circuits et territoires de distribution. À Cannes, Ben’Imana a surtout rappelé une évidence : le cinéma africain n’est plus à la marge des grandes compétitions internationales, il en devient l’un des pôles les plus observés.