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CNAMGS : Jennifer de Mayombo interpelle sur les cotisations et dénonce une « injustice sociale »

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Au guichet, à la pharmacie, dans les salles d’attente, la même scène se répète : des assurés avancent les frais, malgré leurs cotisations. C’est dans ce climat que la journaliste Jennifer de Mayombo, épouse Kangouna, a publié, ce samedi 28 février, un message très relayé sur les réseaux sociaux, pour questionner la destination des prélèvements CNAMGS, alors que des patients disent ne plus être pris en charge dans certaines officines et structures de santé.

En filigrane, une accusation lourde : l’écart entre l’obligation de cotiser et la réalité du terrain. La présentatrice évoque une « injustice sociale » et réclame des explications, au nom des assurés qui « respectent leurs engagements mensuels ».

Pharmacies et centres de santé : la colère monte

Dans son texte, la journaliste décrit une situation où des pharmacies « ne délivrent plus » de médicaments via le tiers payant, et où des centres de santé suspendraient aussi la prise en charge. Une crise qui devient, selon elle, une préoccupation nationale, dans un pays où, rappelle le texte, une large part de la population est couverte par la CNAMGS.

Sur ce fond de tension, l’intervention des autorités est réclamée, tandis que des voix s’élèvent. Jennifer de Mayombo se pose en porte-voix d’un malaise grandissant, en racontant des scènes du quotidien devenues, dit-elle, presque ordinaires.

« Je cotise, tous les mois » : le cri du cœur d’une figure du petit écran

La journaliste dit cotiser « avec responsabilité » et décrit des dépenses de santé qui augmentent, pendant que l’assurance, affirme-t-elle, « ne couvre plus comme avant ». « Je m’interroge… et mon cœur se serre. Aujourd’hui, je cotise chaque mois à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale. Je le fais avec responsabilité, avec l’espoir légitime qu’en cas de besoin, moi et les miens pourrons être soignés dignement. Pourtant, la réalité me laisse un goût amer. »

Elle détaille ensuite ce qu’elle présente comme une hausse des coûts et une prise en charge devenue incertaine. « Hier encore, je payais 12 000 francs pour une consultation. Aujourd’hui, c’est 14 000, parfois 15 000 selon le centre de santé. […] Au guichet, on me demande de régler la totalité. À la pharmacie, on me dit que “l’assurance ne passe pas”, alors je paie. Encore. Je cotise, tous les mois. »

Retraités, étudiants, ménages modestes : la peur du renoncement aux soins

Dans son message, Jennifer de Mayombo insiste sur les conséquences sociales qu’elle associe à cette suspension de prise en charge : ruptures de stock, difficultés d’accès aux soins et pression financière accrue sur les foyers, notamment les plus fragiles. Elle cite le cas de sa mère, retraitée, et évoque aussi des pratiques qu’elle dit observer à Libreville, avec des ordonnances qui ne seraient plus prises en charge dans certaines pharmacies après midi.

« Ma maman est retraitée, après une vie de labeur, elle devrait pouvoir se soigner. Pourtant, dans sa localité, ses soins ne sont pas pris en charge. Elle aussi doit payer, toujours payer. […] Comme si la santé avait des horaires administratifs. » Puis elle ajoute, sur un ton de lassitude : « Je ne me plains pas. Cela fait longtemps que nous ne nous plaignons plus. Nous observons, nous soupirons, nous encaissons en silence. »

« Où va cet argent ? » : l’interpellation frontale sur les prélèvements

Connue pour présenter l’émission « Gab Culture », la journaliste monte d’un cran et cible le cœur du système : la traçabilité des prélèvements et le paiement des prestataires. « Mais je m’interroge : pourquoi sommes-nous prélevés chaque mois si, ni les pharmacies ni les centres de santé ne perçoivent ce qui leur est dû ? Où va cet argent que nous versons avec confiance ? Pourquoi le poids des soins repose-t-il encore sur les épaules de ceux qui cotisent déjà ? »

Elle conclut ce passage par une dimension de principe, plus que comptable. « Ce n’est pas seulement une question d’argent. C’est une question de dignité, de justice, de considération pour des citoyens qui respectent leurs obligations et espèrent, en retour, un minimum de protection. »

Une alerte au nom de « ceux qui renoncent à se soigner »

Dans la suite de son texte, Jennifer de Mayombo élargit le propos au-delà de son cas personnel et met en avant le risque de renoncement aux soins, faute de liquidités immédiates. « Je m’interroge… et au-delà de mon cas personnel, je pense à tous ceux qui renoncent à se soigner faute de moyens immédiats. À ces parents qui hésitent devant une ordonnance. À ces retraités qui comptent leurs pièces. »

Avant de poser une question politique et sociale, sans hausser la voix, écrit-elle, mais sans rien édulcorer. « Que devient notre pays si se soigner devient un privilège ? Que devient la solidarité si elle ne se traduit plus dans les faits ? Je ne crie pas. Je m’interroge, avec regret… et avec l’espoir qu’un jour, cotiser signifiera réellement être protégé. »

Une crise financière évoquée, des impayés pointés du doigt

En rappel, le texte évoque une crise financière majeure de la CNAMGS « début 2026 », marquée par des impayés envers des pharmacies, avec, à la clé, des suspensions de service pour les assurés « depuis l’année dernière ». Il est également indiqué, « de sources concordantes », que des dettes attribuées à l’État et à la Fédération des entreprises du Gabon perturberaient le mécanisme de tiers payant.

Sans communiqué officiel cité dans le texte, cette prise de parole remet néanmoins la CNAMGS sous les projecteurs, en l’installant au croisement de trois urgences : la continuité des soins, la confiance dans la solidarité nationale et la transparence sur l’utilisation des cotisations.

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