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Écartée du gouvernement, Camélia Ntoutoume-Leclercq remercie Oligui Nguema : « Le service de la République dépasse les fonctions »

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Après plus de six années passées au gouvernement gabonais, Camélia Ntoutoume-Leclercq quitte l’exécutif sans amertume apparente. Remplacée par Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba lors du remaniement ministériel du dimanche 11 octobre 2026, l’ancienne ministre d’État, chargée de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique, a adressé une lettre de remerciement au président Brice Clotaire Oligui Nguema. Dans cette correspondance rendue publique au lendemain de son départ, elle exprime sa gratitude envers le chef de l’État et réaffirme son attachement au service de la République, au terme d’un parcours gouvernemental marqué par des réformes, mais aussi par de fortes tensions dans le secteur éducatif.

Camélia Ntoutoume-Leclercq a choisi de tourner la page avec un message de reconnaissance. Alors que son départ figure parmi les changements les plus remarqués du remaniement du 11 octobre, l’ancienne ministre a préféré saluer la confiance que lui avait accordée Brice Clotaire Oligui Nguema. Dans sa lettre, elle revient sur sa participation au gouvernement de la Transition, puis à celui de la Ve République, deux périodes qu’elle présente comme déterminantes dans l’évolution institutionnelle du Gabon.

Une lettre de gratitude après six années au gouvernement

« Au terme de mon passage au Gouvernement, je tiens à vous exprimer ma profonde gratitude pour la confiance que vous avez bien voulu placer en ma personne, en me donnant l’honneur de servir notre Nation à vos côtés », écrit-elle au président de la République. L’ancienne ministre évoque une expérience humaine, professionnelle et républicaine qu’elle considère comme particulièrement enrichissante. Elle remercie également le chef de l’État de lui avoir permis de contribuer à la transformation du système éducatif gabonais.

Sa correspondance prend une dimension plus personnelle lorsqu’elle aborde la portée de l’engagement public. « La grandeur d’une mission ne réside pas seulement dans la durée des responsabilités exercées, mais dans la fidélité aux convictions, la sincérité de l’engagement et la trace que l’on laisse au service de la Nation », souligne-t-elle. Avant d’affirmer sa conviction que « le service de la République dépasse les fonctions et les circonstances ». Une formule qui laisse entendre qu’elle entend rester attachée à l’action publique, même sans portefeuille ministériel.

Nommée pour la première fois au gouvernement le 17 juillet 2020, sous la présidence d’Ali Bongo Ondimba, Camélia Ntoutoume-Leclercq avait débuté comme ministre déléguée chargée de la Formation civique. Elle accède au ministère de l’Éducation nationale en mars 2022, avant d’être maintenue dans les responsabilités gouvernementales après le changement de régime du 30 août 2023. Sa reconduction pendant la Transition, puis sous la Ve République, lui aura permis de traverser plusieurs recompositions politiques.

Un bilan éducatif entre réformes et contestations

Son passage à l’Éducation nationale reste associé à plusieurs chantiers, notamment la distribution gratuite de manuels scolaires dans le primaire, la formation des enseignants et les réformes pédagogiques. L’ancienne ministre avait également engagé des démarches visant à régulariser les situations administratives des personnels éducatifs. En septembre 2026, elle faisait état de 2 668 dossiers régularisés sur quelque 4 000 situations recensées, un bilan présenté comme une avancée dans le traitement des carrières.

Ces initiatives n’ont cependant pas permis de faire disparaître les difficultés structurelles de l’école gabonaise. Les mouvements de grève, notamment ceux de janvier 2026, les revendications liées aux carrières et aux rémunérations, le manque d’enseignants et la surcharge de certaines salles de classe ont régulièrement alimenté les tensions. À ces préoccupations s’ajoutent les besoins persistants en infrastructures et en équipements scolaires, particulièrement dans les établissements publics.

Quelques jours avant son départ, Camélia Ntoutoume-Leclercq échangeait encore avec les partenaires sociaux sur l’état d’avancement des dossiers du secteur. La rencontre du 8 octobre avait notamment porté sur les réformes pédagogiques, l’éducation inclusive, les situations administratives et financières des personnels ainsi que les infrastructures. Autant de questions qui restent ouvertes et dont le règlement incombe désormais à sa successeure.

Jacqueline Ilogue hérite d’un ministère sous pression

Ancienne ministre du Travail, Jacqueline Ilogue épouse Bignoumba prend les commandes de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique dans un contexte d’attentes élevées. Sa mission consistera notamment à poursuivre les réformes engagées, tout en apportant des réponses concrètes aux revendications des enseignants et aux préoccupations des familles. Le remaniement a par ailleurs séparé l’Enseignement technique et la Formation professionnelle de ce département, désormais confiés à Marcelle Ibinga épouse Itsitsa.

Pour Camélia Ntoutoume-Leclercq, cette sortie du gouvernement marque la fin d’un long chapitre, mais pas nécessairement celle de son engagement politique. Sa lettre ne dévoile aucun projet précis pour la suite de sa carrière. Elle se conclut néanmoins sur une déclaration de respect, de loyauté républicaine et de disponibilité morale au service du pays.

En quittant l’exécutif sur des mots de reconnaissance envers Oligui Nguema, l’ancienne ministre choisit de mettre en avant la continuité de son engagement plutôt que les circonstances de son départ. Reste que son héritage à l’Éducation nationale continuera d’être apprécié à l’aune des réformes effectivement réalisées et des nombreux défis laissés à sa successeure.

 

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