Entretien

Eunice Biyoghe à Star241 : « ‘Je reste debout’ est une déclaration de résilience »

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Journaliste, productrice et communicante, Eunice Biyoghe est notamment connue du public gabonais pour le talk-show Le Grand Mbandja. Après une quinzaine d’années passées dans les médias, entre radio, télévision, presse et production audiovisuelle, elle s’est lancée dans une nouvelle aventure : la littérature. Dans son premier ouvrage, Je reste debout, elle puise dans son histoire personnelle, notamment dans la douloureuse disparition de son père, pour parler de deuil, de reconstruction, de foi et de résilience. Dans cet entretien accordé à Star241 ce mercredi 7 octobre, Eunice Biyoghe raconte la genèse de ce livre intime et le message d’espoir qu’elle souhaite transmettre.

Star241 : Vous êtes connue comme journaliste, productrice et communicante. Qui est Eunice Biyoghe au-delà de la femme de médias ?

Eunice Biyoghé : Au-delà de mon métier, je suis une femme profondément attachée à la transmission et à la parole. J’aime raconter des histoires, donner du sens aux expériences et, surtout, contribuer à libérer certaines paroles que l’on garde parfois sous silence.

Je reste debout est justement né de cette volonté de transformer une expérience personnelle en un message qui puisse toucher et, je l’espère, aider d’autres personnes.

Star241 : Il y a quelques mois, vous avez sorti votre premier ouvrage, Je reste debout. Qu’est-ce qui vous a inspirée ?

Eunice Biyoghe : Je reste debout est né d’une nécessité intérieure. J’ai traversé des épreuves qui m’ont profondément bouleversée, notamment la perte de mon père, qui était un pilier essentiel dans ma vie. Le deuil m’a confrontée à des émotions et à des questions que je n’avais jamais réellement eu besoin de formuler auparavant.

Mais ce livre ne parle pas uniquement de la mort ou du deuil. Il parle de ce que nous faisons de ce qui nous brise.

À un moment donné, j’ai compris que je pouvais soit rester enfermée dans la douleur, soit essayer de lui donner un sens. L’écriture m’a permis de faire ce choix.

Je reste debout, c’est donc avant tout une déclaration de résilience. Ce n’est pas dire que je n’ai pas été fragilisée. C’est dire que, malgré les coups de la vie, je choisis de continuer à avancer.

Star241 : Quel a été le moment le plus difficile pendant l’écriture ?

Eunice Biyoghe : Le plus difficile a été d’écrire certaines choses que j’avais jusque-là simplement ressenties, sans forcément parvenir à les nommer.

L’écriture oblige à regarder certaines blessures en face. Il y a des souvenirs que l’on peut éviter dans la vie quotidienne, mais lorsqu’on décide de les coucher sur le papier, on ne peut plus détourner le regard.

Écrire sur mon père a été particulièrement difficile. Mettre des mots sur son absence, sur ce qu’il représentait pour moi et sur ce que sa disparition a changé dans ma vie a été douloureux.

Mais, paradoxalement, cette douleur a aussi été libératrice. À mesure que j’écrivais, j’avais le sentiment de transformer une partie de ma peine en quelque chose qui pouvait désormais vivre autrement.

Star241 : Votre écriture a-t-elle été influencée par d’autres auteurs ?

Eunice Biyoghe : Oui. Comme tout auteur, je pense que nous sommes nourris par les livres que nous lisons, les histoires que nous rencontrons et les voix qui nous ont précédés.

Mais Je reste debout est avant tout une écriture très personnelle. Je n’ai pas cherché à reproduire le style d’un auteur particulier.

J’ai voulu écrire avec mes mots, avec ma sensibilité et surtout avec ma vérité. C’était important pour moi que le lecteur puisse entendre une voix sincère, parfois vulnérable, mais jamais dans la victimisation.

Star241 : Quelle est la principale leçon que vous souhaitez transmettre à travers Je reste debout ?

Eunice Biyoghe : S’il fallait retenir une seule leçon, je dirais que la résilience ne signifie pas ne jamais tomber. Elle signifie trouver, en soi, la force de se relever.

Nous traversons tous des périodes où nous avons l’impression que quelque chose en nous s’effondre. Mais une épreuve ne doit pas nécessairement devenir notre identité.

On peut être blessé et continuer à avancer. On peut pleurer et continuer à espérer. On peut perdre quelqu’un et continuer à vivre sans pour autant cesser de l’aimer.

Je reste debout invite simplement à ne pas renoncer à soi-même, même lorsque la vie nous impose de recommencer autrement.

Star241 : À combien d’exemplaires le livre a-t-il été tiré et quelle maison d’édition vous accompagne ?

Eunice Biyoghe : Le livre a été édité à compte d’auteur, avec une démarche indépendante autour de sa production et de sa diffusion.

Le premier tirage était de 150 exemplaires, mais à ce jour, nous avons vendu plus de 231 exemplaires.

Cette aventure éditoriale m’a d’ailleurs permis de comprendre qu’écrire un livre n’est qu’une première étape. Il faut ensuite le faire vivre, lui permettre de rencontrer son public et construire autour de lui une véritable relation avec les lecteurs.

Star241 : Où peut-on se procurer Je reste debout et à quel prix ?

Eunice Biyoghe : Le livre est disponible au Continuum Leadership, au rez-de-chaussée de l’Immeuble Rénovation, au prix de 15 000 FCFA.

Il a également été proposé en ligne, notamment sur Amazon, en versions papier et numérique.

Star241 : Je reste debout s’adresse-t-il à une tranche d’âge particulière ?

Eunice Biyoghe : Non. Je pense que ce livre peut parler à différentes générations.

Il s’adresse particulièrement à celles et ceux qui traversent une période de questionnement, de perte, de reconstruction ou de transformation personnelle. Mais il peut également toucher quelqu’un qui va simplement bien et qui souhaite réfléchir à sa propre manière de traverser les épreuves.

Je ne voulais pas écrire un livre réservé à une génération. Les blessures, le deuil, la foi, la résilience et l’espoir sont des expériences profondément humaines.

Star241 : Quel sentiment aimeriez-vous que le lecteur conserve après avoir refermé votre livre ?

Eunice Biyoghe : J’aimerais que chaque lecteur referme ce livre avec cette conviction : il est possible de traverser l’épreuve sans perdre complètement la lumière en soi.

Si une personne qui se sent aujourd’hui brisée lit Je reste debout et se dit : « Moi aussi, je peux me relever », alors le livre aura atteint son objectif.

Je voudrais aussi que les lecteurs comprennent qu’être debout ne signifie pas être invincible.

Parfois, être debout, c’est simplement continuer malgré les larmes. C’est accepter d’être vulnérable, demander de l’aide, prendre le temps de guérir et croire qu’un lendemain différent est encore possible.

Je reste debout n’est pas l’histoire d’une femme qui n’est jamais tombée. C’est l’histoire d’une femme qui, après être tombée, a décidé de se relever.

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