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Gabon : Oligui Nguema menace Canal+ et Airtel de fermeture s’ils ne construisent pas leurs sièges

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Le ton est monté entre Brice Clotaire Oligui Nguema et les représentants de Canal+ et Airtel Gabon. Lors d’une visite de plusieurs chantiers, dont des images ont été relayées vendredi 11 septembre sur les réseaux sociaux, le président gabonais s’est agacé de l’absence de travaux sur des parcelles attribuées aux deux entreprises pour la construction de leurs sièges. Son ultimatum est sans détour : construire rapidement ou s’exposer à devoir quitter le Gabon.

« Je ne veux pas les maquettes »

Dans une vidéo diffusée par Chamberland Moukouama, le chef de l’État apparaît particulièrement remonté en constatant que les terrains destinés aux futurs sièges restent sans constructions, alors qu’ils auraient été mis gratuitement à la disposition des entreprises depuis environ un an.

« Il faut me dire, Airtel et Canal, s’ils ne commencent pas, on ferme tout et ils partent. Ils sont où ? Je ne veux pas les maquettes, je veux voir les gens qui ont commencé les travaux », lance Oligui Nguema devant ses interlocuteurs.

S’adressant ensuite directement au représentant de Canal+, le président durcit encore le ton : « Je vous ai donné un terrain, ça fait combien de mois ? Un an. Un an, vous n’avez pas commencé. Donnez-moi le terrain, il y a des opérateurs qui le veulent. Soit vous commencez, soit vous quittez le Gabon. C’est à choisir. »

Canal+ évoque un problème d’accessibilité

Face au chef de l’État, le représentant de Canal+ assure que l’entreprise entend bien réaliser son siège, tout en évoquant des difficultés liées à l’accessibilité du terrain. Un argument qui ne convainc manifestement pas Oligui Nguema.

Pour le président, il appartient à l’entreprise de réaliser les aménagements nécessaires pour rendre le site accessible. À défaut, estime-t-il, Canal+ devrait restituer la parcelle afin qu’elle puisse être attribuée à un autre opérateur disposé à y investir.

Airtel interpellé sur une dette de 20 milliards de FCFA

Le ton est tout aussi ferme avec Airtel Gabon. Au cours de l’échange, Oligui Nguema évoque une dette de 20 milliards de FCFA qu’il attribue à l’opérateur et affirme que le contentieux est devant la justice. Ces éléments, avancés par le président dans la vidéo, nécessiteraient toutefois d’être précisés par l’entreprise ou par les autorités judiciaires quant à la nature exacte de cette créance et à l’état de la procédure.

« Airtel, vous avez une dette de 20 milliards que vous devez aux gens. Vous me demandez de vous aider. Si je vous aide, qu’est-ce que le Gabon gagne dans tout ça ? Ça vous fait combien d’années au Gabon ? », demande le chef de l’État. Son interlocuteur lui répond que l’opérateur est présent dans le pays depuis 2000.

Oligui Nguema reproche alors à l’entreprise de continuer à louer ses locaux après plus de deux décennies d’activité dans le pays, plutôt que d’investir dans son propre siège.

« S’il n’y a pas le siège, on ferme Airtel »

« Vous êtes incapables de construire un siège, votre propre siège. L’État vous donne un terrain cadeau et vous ne construisez pas. Vous faites des bénéfices sur le dos des Gabonais. S’il n’y a pas le siège, on ferme Airtel. Une autre compagnie arrive, elle construit le siège et puis elle travaille avec nous », assène le président.

Oligui Nguema estime que les grandes entreprises étrangères présentes durablement au Gabon doivent désormais matérialiser davantage leur implantation par des investissements locaux. « Chaque société doit avoir son siège. Ailleurs, vous avez des sièges, pourquoi c’est au Gabon que vous ne voulez pas avoir de siège ? […] Le pays a changé, ce n’est plus un pays où on venait faire n’importe quoi », poursuit-il.

Le chef de l’État a également prévenu qu’il n’entendait pas intervenir dans le contentieux judiciaire évoqué concernant Airtel : « Si ce n’est pas construit, votre procès continue au tribunal, le président n’interviendra pas. »

Construire ou restituer les terrains

À travers cette sortie particulièrement musclée, Oligui Nguema pose donc une alternative aux deux groupes : engager concrètement les travaux de leurs sièges ou restituer les terrains attribués par l’État. Reste à savoir dans quels délais Canal+ et Airtel Gabon devront matérialiser leurs projets et quelles suites administratives ou juridiques pourraient réellement être données à cet ultimatum.

Pour les deux entreprises, le message présidentiel est en tout cas désormais public. Après les maquettes et les engagements, Oligui Nguema affirme vouloir voir sortir de terre les sièges promis.

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