Société
Grève des enseignants : Le rappeur N’do-Man appelle à la résistance et dénonce le paradoxe de la richesse gabonaise
La crise qui paralyse l’Éducation nationale ne laisse pas indifférent le monde de la culture. Dans une publication virulente diffusée ce mercredi 14 janvier, le rappeur engagé N’do-Man a apporté un soutien sans faille aux enseignants grévistes. Exhortant la base à ne rien lâcher face aux manœuvres politiques, l’artiste a profité de cette tribune pour dresser un réquisitoire sévère contre la gestion des ressources d’un pays pourtant nanti.
Le bras de fer se durcit. Depuis le début de l’année, les salles de classe sont désertées, les enseignants réclamant le paiement des vacations de 2025 et l’amélioration de leurs conditions de vie. Alors que le mouvement initié par le syndicat « SOS Éducation » semblait vaciller suite à une annonce controversée de reprise des cours par un responsable syndical sur la télévision publique — une décision immédiatement rejetée par la base qui soupçonne une « odeur de corruption » —, une voix influente est venue remobiliser les troupes.
« La grève continue »
N’do-Man, chantre des causes nobles, a tranché. Sur ses réseaux sociaux, il a appelé les enseignants à maintenir la pression jusqu’à satisfaction totale des revendications. Pour l’artiste, ce mouvement dépasse le simple cadre corporatiste ; il est le symptôme d’un mal plus profond.
« La grève continue », a-t-il martelé, refusant que les enseignants cèdent aux promesses non effectives du gouvernement. Il pointe du doigt la responsabilité directe des dirigeants dans la précarisation du corps enseignant, dénonçant un manque de volonté politique flagrant. Selon lui, les maux qui minent le Gabon sont identifiés : « Le manque d’éducation, la corruption, le manque de solidarité, la gabegie financière, la politique du ventre sont les plus gros poissons de ce pays ».
L’inacceptable pauvreté d’un géant minier
Au-delà du soutien syndical, la sortie de N’do-Man est une critique acerbe du paradoxe gabonais. L’artiste s’indigne de voir la population, et particulièrement les enseignants, vivre sous le seuil de pauvreté alors que le Gabon regorge de richesses naturelles.
Chiffres à l’appui, il rappelle les fondamentaux économiques que les populations peinent à ressentir dans leur quotidien : « Le Gabon est le deuxième producteur de manganèse dans le monde et l’un des plus grands exportateurs de bois. Le Gabon produit deux cent mille barils de pétrole par jour et possède d’importants gisements d’or, d’uranium, de fer et de gaz naturel. »
Pour N’do-Man, il est inconcevable que cette abondance ne profite pas aux « deux millions d’habitants » que compte le pays. En appelant à tenir bon, le rappeur lie le sort des enseignants à une exigence plus large de justice sociale et de changement radical des mentalités au sommet de l’État.