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Immigration au Gabon : Claire Newman défend le contrôle des frontières et rejette les accusations de xénophobie

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L’activiste gabonaise connue sur les réseaux sociaux sous le nom de Claire Newman est sortie de son silence, ce mardi 6 octobre, pour défendre le droit du Gabon à mieux contrôler ses frontières et son immigration. Prenant pour exemple les opérations menées actuellement en Guinée équatoriale contre des ressortissants étrangers, elle dénonce ce qu’elle considère comme un « deux poids, deux mesures » dans les réactions suscitées par les politiques migratoires en Afrique centrale. Elle rejette surtout l’accusation de xénophobie adressée à certains Gabonais lorsqu’ils réclament un renforcement des contrôles.

Cette prise de parole intervient alors que la question migratoire occupe une place croissante dans le débat public gabonais. Ces dernières semaines, plusieurs personnalités et activistes ont appelé à une meilleure maîtrise des entrées et des séjours sur le territoire. De son côté, l’État gabonais participe également à des initiatives consacrées à la gouvernance des frontières : le gouvernement avait notamment approuvé sa participation à une rencontre organisée par l’Organisation internationale pour les migrations au Bénin, du 28 septembre au 3 octobre, autour de la gestion frontalière et du système MIDAS de gestion des données migratoires.

La Guinée équatoriale au cœur de son argumentaire

Pour appuyer son propos, Claire Newman prend l’exemple de la Guinée équatoriale, où une vaste campagne de contrôle des ressortissants étrangers est signalée depuis le 11 septembre. Plusieurs dizaines de personnes, principalement des Camerounais, auraient été interpellées puis expulsées de Malabo et Bata. Il convient toutefois de nuancer la qualification d’« étrangers en situation irrégulière » : selon les informations disponibles, certains ressortissants concernés auraient affirmé disposer de documents administratifs en règle. Aucun chiffre officiel complet n’a pour l’instant été communiqué par les autorités équato-guinéennes.

C’est précisément la différence de réactions autour de ces opérations qui interpelle l’activiste gabonaise. « Et si, pour une fois, on regardait les choses avec la même mesure ? La Guinée équatoriale est aujourd’hui engagée dans une politique très ferme à l’égard de nombreux étrangers. Pourtant, sur le continent, le silence est presque assourdissant. Mais lorsque le Gabon demande simplement un meilleur contrôle de ses frontières et une immigration mieux maîtrisée, les indignations se multiplient », écrit-elle sur son compte Facebook.

« Contrôler l’immigration ne signifie pas haïr les étrangers »

Claire Newman estime ainsi que le Gabon devrait pouvoir déterminer sa politique migratoire et renforcer la surveillance de son territoire sans que cette position soit automatiquement assimilée à un rejet des étrangers. « Qu’est-ce que le Gabon a fait à l’Afrique pour ne pas avoir, lui aussi, le droit de protéger ses frontières et de décider de sa politique migratoire ? », interroge-t-elle, avant de poursuivre : « Si certains pays africains peuvent renforcer leurs contrôles sans que toute l’Afrique ne s’enflamme, pourquoi le Gabon devrait-il être condamné dès qu’il veut faire de même ? »

L’activiste rejette surtout l’utilisation du terme « xénophobie » pour qualifier, de manière générale, les appels au contrôle de l’immigration. « Défendre la souveraineté de son pays ne signifie pas rejeter les autres. Contrôler l’immigration ne signifie pas haïr les étrangers. En vrai, beaucoup ne sont pas honnêtes », affirme-t-elle. Une distinction importante dans un débat où se croisent plusieurs questions différentes : lutte contre l’immigration irrégulière, droit au séjour, sécurité des frontières, mais également respect des droits des étrangers régulièrement établis.

Un débat qui dépasse désormais les frontières gabonaises

La situation en Guinée équatoriale pose d’ailleurs une autre question sensible : celle de la libre circulation au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Les récentes expulsions rapportées à Malabo et Bata ont ravivé les interrogations sur l’application effective des règles communautaires, notamment lorsque les personnes contrôlées sont ressortissantes d’un autre État membre.

La sortie de Claire Newman s’inscrit ainsi dans un débat qui dépasse la seule question de l’immigration clandestine au Gabon. Elle pose également celle de l’équilibre entre souveraineté nationale, maîtrise des frontières, libre circulation régionale et respect des droits des personnes étrangères. En défendant une politique migratoire plus contrôlée tout en récusant l’étiquette de xénophobie, l’activiste entend surtout réclamer pour le Gabon le même droit à définir et faire respecter ses règles migratoires que celui exercé par les autres États de la sous-région.

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