Politique

Immigration au Gabon : Wilgrace Nguety accuse le régime d’Ali Bongo d’en avoir fait un « levier électoral »

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La question de l’immigration continue de susciter de vives réactions au Gabon. Dans une publication diffusée ce samedi 10 octobre sur Facebook, Wilmine Gencia Nguety, plus connue sous le nom de Wilgrace Nguety, a directement mis en cause l’ancien régime d’Ali Bongo Ondimba. La vice-présidente du Conseil départemental de Mulundu, également militante de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), accuse le pouvoir déchu d’avoir volontairement favorisé l’immigration à des fins électorales. Des déclarations qui relancent le débat sur la gestion des frontières et les responsabilités politiques dans la politique migratoire du pays.

Wilgrace Nguety n’a pas mâché ses mots. Alors que les discussions autour de la présence étrangère au Gabon alimentent régulièrement les réseaux sociaux, la militante du parti au pouvoir a choisi de pointer du doigt les quatorze années de gouvernance d’Ali Bongo Ondimba, de 2009 à 2023. Selon elle, la situation migratoire actuelle serait en partie le résultat de décisions prises sous l’ancien régime. Une accusation politique qu’elle formule sans toutefois présenter, dans sa publication, d’éléments permettant d’établir l’existence d’une stratégie électorale organisée.

« L’ancien régime a fait de la présence étrangère un levier électoral »

Dans son message, Wilgrace Nguety établit un lien direct entre la politique migratoire de l’ancien pouvoir et les intérêts électoraux qu’elle lui prête. Elle estime que les autorités de l’époque auraient délibérément facilité l’installation de ressortissants étrangers sur le territoire national. Une position qu’elle exprime dans des termes particulièrement accusateurs.

« J’hésite à me prononcer sur la question relative au taux d’immigration excessif, car le constat est clair : l’ancien régime a fortement favorisé cette inflation, car il avait intentionnellement fait de la présence étrangère au Gabon un levier électoral », écrit-elle sur Facebook.

Ces propos s’inscrivent dans un débat ancien sur la maîtrise des flux migratoires au Gabon. Sous la présidence d’Ali Bongo, la gestion des frontières, les conditions d’installation des étrangers et la libre circulation dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont régulièrement suscité des interrogations. Toutefois, la présence de ressortissants étrangers sur le territoire ne constitue pas, en elle-même, une preuve d’immigration irrégulière ou de participation à des pratiques électorales frauduleuses.

La Ve République également interpellée

Au-delà de la responsabilité qu’elle attribue à l’ancien régime, Wilgrace Nguety critique également la manière dont certains acteurs politiques abordent aujourd’hui les difficultés du pays. À ses yeux, les discussions sur la Ve République ne devraient pas faire oublier les décisions et les pratiques héritées des années précédentes. Elle appelle ainsi à examiner le passé politique du Gabon pour mieux comprendre les défis actuels.

« Et avec tous ces déboires qui nous rattrapent aujourd’hui, certains nous imposent de parler de la Ve République, sans mentionner le passif qui nous a inéluctablement conduits dans ces ténèbres collectives », poursuit-elle.

Par cette déclaration, la militante de l’UDB entend replacer la question migratoire dans le bilan politique du pouvoir renversé le 30 août 2023. Son intervention intervient dans un contexte où la souveraineté nationale, le contrôle des frontières et la régularité des séjours occupent une place importante dans les discussions publiques. Elle ne précise cependant pas les mécanismes par lesquels l’ancien régime aurait utilisé la présence étrangère à des fins électorales.

Des accusations qui restent à étayer

Si les propos de Wilgrace Nguety traduisent une critique politique de la gestion migratoire sous Ali Bongo, ils soulèvent aussi la question des preuves. Aucun document, chiffre ou élément précis accompagnant sa publication ne permet d’établir que l’ancien pouvoir aurait organisé une politique d’immigration destinée à influencer les résultats électoraux. Une telle accusation nécessiterait notamment des éléments vérifiables concernant les conditions d’acquisition de la nationalité, l’inscription sur les listes électorales ou d’éventuelles irrégularités administratives.

La distinction entre immigration régulière, immigration irrégulière et libre circulation régionale demeure également essentielle. Le Gabon participe aux mécanismes de circulation des personnes dans l’espace CEMAC, sans que ceux-ci puissent être assimilés à un droit automatique de participer aux élections gabonaises. Les ressortissants étrangers qui résident légalement dans le pays bénéficient par ailleurs des protections prévues par la législation nationale.

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