Culture

Jennifer de Mayombo accuse les RSE d’être un obstacle au développement de la culture gabonaise

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Sur sa page Facebook, Jennifer de Mayombo épouse Kangouna a pris la parole, ce lundi 31 mars, pour dénoncer les dérives qu’elle observe dans l’application de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au Gabon, notamment dans le secteur culturel. La journaliste et promotrice culturelle estime que le soutien accordé à certains événements dépend trop souvent des relations personnelles, au détriment de la qualité et de l’impact réel des projets.

Une voix connue du paysage médiatique gabonais

Figure bien connue du paysage médiatique gabonais, Jennifer de Mayombo épouse Kangouna s’est imposée au fil des années comme une actrice engagée en faveur de la promotion de la culture nationale. À travers son émission Gab culture, diffusée sur une télévision publique, elle met régulièrement en lumière les initiatives, les talents et les enjeux du secteur culturel gabonais.

Récemment, l’ancienne directrice de l’information gouvernementale s’est saisie de son compte Facebook pour exprimer ses inquiétudes au sujet de la RSE dans le domaine culturel.

Dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux, elle critique certaines pratiques des entreprises en matière d’accompagnement des projets culturels. « Sur le terrain, j’observe que le soutien des entreprises aux événements culturels dépend parfois davantage des relations personnelles que de la qualité ou de l’impact réel des projets. » Avant d’ajouter : « Cette pratique crée, selon moi, une injustice qui freine le développement de nombreux talents et initiatives pourtant prometteurs. »

Des avantages fiscaux, mais un impact jugé insuffisant

Dans son propos, Jennifer de Mayombo épouse Kangouna souligne également ce qu’elle considère comme une contradiction. Alors que l’État gabonais prévoit des mécanismes incitatifs pour encourager la RSE, notamment à travers des dispositifs fiscaux, elle regrette que ces avantages ne se traduisent pas toujours en actions concrètes en faveur des acteurs culturels.

« Je trouve également paradoxal que, malgré les avantages fiscaux accordés par l’État gabonais pour encourager la RSE, plusieurs entreprises ne traduisent pas réellement cet engagement en actions concrètes en faveur des acteurs culturels. À mes yeux, cela limite fortement l’impact positif que la RSE pourrait avoir dans notre pays. »

À travers cette prise de position, la journaliste met en avant une critique de fond : celle d’un système dans lequel les principes affichés de responsabilité et d’équité peinent encore, selon elle, à produire des effets tangibles sur le terrain.

Des propositions pour plus de transparence

Au-delà du constat, Jennifer de Mayombo épouse Kangouna avance plusieurs pistes pour améliorer le fonctionnement du soutien aux initiatives culturelles. Elle appelle d’abord l’État à renforcer les mécanismes de transparence, en exigeant par exemple des entreprises qu’elles rendent publics les projets qu’elles accompagnent.

« Face à cette situation, je pense qu’il est essentiel que l’État renforce les mécanismes de transparence, en demandant par exemple aux entreprises de rendre publics les projets qu’elles soutiennent. »

Elle plaide aussi pour la mise en place d’un dispositif de suivi permettant d’évaluer plus efficacement l’utilisation des avantages fiscaux accordés dans le cadre de la RSE.

Dans le même temps, elle invite les entreprises à revoir leurs méthodes de sélection. « De mon côté, j’invite les entreprises à adopter une démarche plus juste et plus ouverte, en définissant des critères clairs et accessibles à toutes et à tous pour le financement des projets culturels. »

Pour elle, une politique de RSE plus équitable pourrait contribuer à une meilleure valorisation de la culture gabonaise et offrir un soutien durable à celles et ceux qui la font vivre au quotidien.

Un appel à l’organisation des acteurs culturels

Jennifer de Mayombo épouse Kangouna ne limite pas son interpellation aux seules entreprises et aux pouvoirs publics. Elle estime également que les acteurs culturels eux-mêmes doivent mieux s’organiser pour structurer leur secteur et renforcer leur capacité de dialogue avec les partenaires potentiels.

« Il devient nécessaire de nous organiser collectivement afin de structurer notre secteur. La mise en place d’un agenda culturel commun, accompagné de présentations claires et professionnelles des projets, permettrait de mieux dialoguer avec les entreprises, d’anticiper les besoins et de créer des opportunités de collaboration plus équitables et transparentes. »

Par cette déclaration, la journaliste et promotrice culturelle adresse ainsi un message à l’ensemble de l’écosystème culturel gabonais, en espérant susciter une réflexion plus large sur les conditions d’un soutien plus juste, plus transparent et plus efficace à la création.

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