Société
« Le Gabon ne doit pas être seulement un pays où l’on fait fortune » : Chesly interpelle les grands investisseurs étrangers
« Pourquoi toute interrogation sur l’impact réel des grandes fortunes étrangères au Gabon est-elle si rapidement assimilée à de la xénophobie ? », s’interroge Chesly dès les premières lignes de sa publication.
Pour la chroniqueuse, demander des comptes aux responsables gabonais sur leur gestion du pays ne doit pas empêcher de s’intéresser aux autres acteurs de l’économie nationale. Elle estime que les entrepreneurs étrangers, tout comme les Gabonais d’origine ou naturalisés, peuvent être interrogés sur leur contribution au développement du territoire où ils exercent leurs activités. « Les manquements des uns n’annulent pas le questionnement à propos des autres », insiste-t-elle.
« Que rapportent réellement ces grandes fortunes au Gabon ? »
Chesly précise qu’elle ne remet en cause ni le droit des communautés étrangères à préserver leurs traditions, ni leur liberté de soutenir financièrement leur pays d’origine. Elle souhaite plutôt comprendre dans quelle mesure les grandes réussites économiques se traduisent par des investissements locaux, des emplois, des formations et des contributions fiscales.
« On ne demande pas aux étrangers de remplacer l’État ou de financer toutes les causes nationales, mais de comprendre ce que les grands hommes d’affaires résidant au Gabon apportent réellement au pays qui leur permet de prospérer », explique-t-elle.
L’influenceuse évoque notamment le contraste qu’elle perçoit entre la discrétion de certains entrepreneurs au Gabon et les démonstrations de richesse ou de générosité auxquelles ils se livreraient dans leur pays d’origine. Une observation qu’elle présente comme une interrogation sur la réciprocité, sans apporter d’éléments permettant d’établir que les personnes concernées ne contribuent pas à l’économie gabonaise.
« Le panafricanisme ne doit pas empêcher le débat »
Anticipant les accusations de xénophobie, Chesly défend également le droit de discuter des enjeux économiques nationaux sans remettre en cause la solidarité africaine.
« Le panafricanisme ne devrait pas nous interdire de parler de nos réalités nationales. La solidarité entre Africains n’exige pas que les populations renoncent à questionner les rapports humains et économiques qui structurent notre quotidien », affirme-t-elle.
Cette prise de parole intervient alors que les résultats du recensement de 2026 font état de 1 200 256 résidents de nationalité étrangère, soit 34,1 % des 3 518 621 habitants du Gabon. Une proportion qui alimente les discussions sur l’immigration, mais qui ne permet pas, à elle seule, de mesurer la contribution économique des différentes communautés.
Chesly, qui évoque elle-même ses origines étrangères, assure ne demander à personne de choisir entre le Gabon et son pays d’origine. « Je demande simplement que le Gabon ne soit pas réduit à un espace où l’on fait fortune, sans pour autant que la question de la contribution à la prospérité collective puisse être posée », écrit-elle.