Société
Oligui Nguema menace de prison un entrepreneur étranger pour retard de chantier
Brice Clotaire Oligui Nguema a une nouvelle fois haussé le ton sur un chantier public à Libreville. Dans une vidéo relayée ce mercredi 21 juillet sur les réseaux sociaux, mais tournée lors d’une visite effectuée le samedi 18 juillet, avant son départ pour la France, le président de la République apparaît très remonté face aux représentants d’une entreprise chargée d’exécuter des travaux pour le compte de l’État. En cause : un retard jugé excessif, malgré une avance de plusieurs milliards de FCFA déjà versée.
Une visite inopinée avant le déplacement en France
Le samedi 18 juillet, à quelques heures de son départ pour la France, le chef de l’État a effectué une nouvelle descente sur le terrain afin de constater l’état d’avancement de certains chantiers publics à Libreville. Cette visite inopinée s’inscrivait dans la continuité des contrôles directs qu’il multiplie depuis plusieurs semaines sur les projets financés par l’État.
Mais sur place, Brice Clotaire Oligui Nguema n’a pas caché son agacement. Face à deux personnes présentées comme assurant l’intérim du responsable du chantier, le président a dénoncé la lenteur des travaux et le décalage entre les montants déjà perçus par l’entreprise et le niveau réel d’exécution.
« Là, c’est trop lent »
Dans la séquence devenue virale, le chef de l’État rappelle que l’entreprise aurait déjà reçu une avance importante. Selon ses propos, l’État aurait versé 5,8 milliards de FCFA pour permettre le démarrage et l’avancement des travaux.
« L’État vous a versé cinq milliards huit cents. Je n’oublie pas ce que l’État vous a donné », lance-t-il, avant de s’adresser à l’une des personnes présentes sur le site. « Tu dis ça à ton mari. Une fois venu me voir, il va d’abord dormir en prison, parce que là, c’est trop lent », ajoute Brice Clotaire Oligui Nguema.
Une menace qui fait réagir
Cette sortie présidentielle a rapidement suscité une avalanche de commentaires sur les réseaux sociaux. Plusieurs internautes ont salué la fermeté du chef de l’État, estimant que les entreprises bénéficiaires de marchés publics doivent rendre des comptes lorsque les délais ne sont pas respectés.
Pour ses soutiens, cette méthode traduit une volonté d’imposer davantage de rigueur dans l’exécution des chantiers de l’État. Ils considèrent que les retards répétés, surtout après le versement d’avances importantes, pénalisent les populations et fragilisent la crédibilité de l’action publique.
La question du suivi des marchés publics
Au-delà de la séquence virale, cette affaire remet au centre du débat le suivi des marchés publics au Gabon. Les avances versées aux entreprises, les délais contractuels, les pénalités de retard, le contrôle technique et la responsabilité des maîtres d’œuvre sont autant d’éléments qui reviennent régulièrement dans les discussions autour des grands chantiers.
Le message du président semble clair : les fonds publics engagés doivent produire des résultats visibles. Les entreprises attributaires de marchés de l’État sont donc appelées à respecter leurs engagements ou à s’exposer à des conséquences administratives, financières, voire judiciaires si des irrégularités étaient établies.
Une fermeté à encadrer par la procédure
Si la fermeté présidentielle est saluée par une partie de l’opinion, certains observateurs rappellent toutefois que toute sanction pénale doit relever de la justice et suivre une procédure régulière. Une menace de prison, même lancée dans un contexte de colère, ne peut se traduire juridiquement que par une enquête, des éléments établis et une décision des autorités compétentes.
En attendant, cette nouvelle visite du samedi 18 juillet confirme la volonté de Brice Clotaire Oligui Nguema de placer les chantiers publics sous surveillance rapprochée. À travers ces descentes de terrain, le chef de l’État entend montrer que les retards, les promesses non tenues et les avances non justifiées ne seront plus tolérés sans explication.