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PIAEPAL et Karpowership : Wilfried Okoumba annonce des plaintes contre d’anciens responsables du régime Bongo

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Dans un audio relayé dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin, Wilfried Okoumba Kamitatou affirme vouloir engager une série de procédures judiciaires contre plusieurs anciens responsables publics du régime d’Ali Bongo Ondimba. L’activiste établi en France dit viser notamment des personnalités liées à la gestion du PIAEPAL, programme destiné à améliorer l’alimentation en eau potable du Grand Libreville, ainsi que des acteurs cités dans la polémique autour du contrat Karpowership. Des accusations lourdes, mais qui restent, à ce stade, à documenter devant la justice.

Deux députés visés par une demande de levée d’immunité

Dans son message audio, Wilfried Okoumba Kamitatou affirme avoir saisi le procureur de la République afin de solliciter la levée de l’immunité parlementaire de deux députés, Séverin Mayoumou et Jeannot Kalima, tous deux présentés comme d’anciens ministres de l’Énergie. Selon lui, ces personnalités auraient une part de responsabilité dans l’échec du Programme intégré pour l’alimentation en eau potable et l’assainissement de Libreville.

S’adressant au président de l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye, l’activiste déclare : « Monsieur le président de l’Assemblée, en tant que citoyen gabonais, j’ai saisi le procureur de la République pour demander la levée de l’immunité parlementaire de ces deux députés ».

Le PIAEPAL, un projet lourdement financé mais très contesté

Le PIAEPAL avait été présenté comme un programme majeur pour répondre aux difficultés d’accès à l’eau potable dans le Grand Libreville. Financé notamment par la Banque africaine de développement, le projet devait permettre de renforcer et d’étendre le réseau d’eau potable sur plusieurs centaines de kilomètres, tout en améliorant les conditions d’assainissement des populations.

Mais plusieurs années après son lancement, le programme reste au cœur des critiques. Devant le Parlement réuni en congrès, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait lui-même pointé l’échec de ce chantier, devenu le symbole des promesses non tenues dans le secteur de l’eau. C’est sur ce terrain que Wilfried Okoumba entend désormais placer son offensive judiciaire.

Bilie-By-Nze également cité par l’activiste

Dans le même audio, Wilfried Okoumba Kamitatou évoque aussi Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre sous Ali Bongo Ondimba. Déjà incarcéré à la prison centrale de Gros-Bouquet dans un autre dossier, l’ancien chef du gouvernement pourrait, selon l’activiste, être rattrapé par les suites du PIAEPAL.

Wilfried Okoumba affirme que, depuis la dénonciation de ce dossier par le chef de l’État, les avocats d’Alain-Claude Bilie-By-Nze auraient multiplié les démarches pour obtenir la remise en liberté de leur client. Il va plus loin en accusant Séverin Mayoumou de soutenir ces efforts, en raison, selon lui, de liens de complicité présumés autour de la gestion du dossier de l’eau. Là encore, ces affirmations relèvent de ses déclarations et n’ont pas encore été établies par une décision judiciaire.

Karpowership : Mays Mouissi et Charles Mba aussi dans le viseur

L’activiste ne s’arrête pas au PIAEPAL. Il annonce également une plainte contre Mays Mouissi, actuel ministre de l’Habitat, et Charles Mba, ancien ministre du Budget. Selon lui, les deux hommes auraient perçu des rétrocommissions dans le cadre du dossier Karpowership, lié aux centrales flottantes turques chargées de fournir de l’électricité à Libreville.

L’affaire Karpowership a déjà fait l’objet d’une vive polémique politico-financière au Gabon. Le contrat avec l’opérateur turc a été critiqué pour son coût élevé, les tensions autour des impayés et les soupçons de mauvaise gouvernance. En mars 2026, l’opérateur réclamait environ 15 milliards de FCFA d’arriérés à l’État gabonais, qui aurait versé une avance de 7 milliards de FCFA pour éviter une rupture d’approvisionnement électrique.

Une affaire électrique et financièrement sensible

Le dossier Karpowership a mis en lumière la dépendance énergétique du Grand Libreville à des solutions d’urgence coûteuses. Face à la menace d’une réduction ou d’un arrêt de la production, le gouvernement avait dû engager des discussions sous pression avec l’opérateur turc. Ce bras de fer a aussi ravivé les interrogations sur les responsabilités respectives de l’État, de la SEEG et de certains acteurs publics dans le circuit de paiement.

Pour Wilfried Okoumba Kamitatou, ce dossier mériterait une enquête approfondie sur d’éventuelles rétrocommissions. Mais, à ce stade, aucune preuve publique n’a été présentée dans l’audio relayé sur les réseaux sociaux. Les personnes citées bénéficient donc pleinement de la présomption d’innocence.

Une sortie applaudie par certains, critiquée par d’autres

La prise de parole de Wilfried Okoumba divise déjà l’opinion. Certains internautes saluent une démarche citoyenne, estimant que les grands dossiers publics doivent être audités et que les responsables présumés doivent rendre des comptes. Pour eux, les échecs du PIAEPAL et les tensions autour de Karpowership justifient une transparence totale.

D’autres, en revanche, jugent la sortie de l’activiste trop spectaculaire et insuffisamment documentée. Ils y voient une démarche davantage politique que judiciaire, voire une posture médiatique visant à occuper l’espace public sans éléments probants immédiatement vérifiables.

Des accusations qui devront résister à l’épreuve de la justice

Au-delà de l’effet d’annonce, tout dépendra désormais de la réalité des démarches judiciaires engagées. Si les plaintes sont effectivement déposées, la justice devra vérifier les accusations, établir les responsabilités éventuelles et déterminer si des infractions ont été commises.

Le PIAEPAL et Karpowership touchent deux secteurs essentiels : l’eau et l’électricité. Deux dossiers sensibles, coûteux et directement liés aux conditions de vie des populations. En les ramenant dans le débat public, Wilfried Okoumba Kamitatou oblige les institutions à regarder de plus près des affaires qui cristallisent les frustrations des Gabonais. Mais seule une enquête rigoureuse, menée dans le respect des droits de chacun, permettra de passer de l’accusation à la vérité judiciaire.

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