Société
Réseaux sociaux : Jennifer de Mayombo propose de limiter l’accès autonome des moins de 16 ans au Gabon
Le numérique occupe une place croissante dans le quotidien des jeunes Gabonais, mais son utilisation soulève de nombreuses préoccupations. Exposition à des contenus inappropriés, cyberharcèlement, risques de manipulation et usages excessifs des plateformes constituent autant de défis pour les familles. C’est dans ce contexte que Jennifer de Mayombo souhaite ouvrir un débat national sur la sécurité des enfants dans l’environnement numérique.
Un accès aux réseaux sociaux encadré avant 16 ans
« Le numérique fait désormais partie de la vie de nos enfants. S’il constitue un formidable outil d’apprentissage et d’ouverture sur le monde, il expose également les plus jeunes à des contenus qui ne sont pas toujours adaptés à leur âge », souligne la présidente du SAMEAU.
Pour réduire ces risques, elle préconise un meilleur contrôle de l’âge des utilisateurs, le renforcement des dispositifs parentaux et une séparation plus claire entre les contenus réservés aux adultes et ceux accessibles aux mineurs. Elle suggère également de réfléchir à un seuil de 16 ans pour l’utilisation autonome des réseaux sociaux, tout en maintenant un accès accompagné pour les plus jeunes lorsque les besoins éducatifs le justifient.
Responsabiliser les plateformes et sensibiliser les familles
Au-delà des restrictions d’accès, Jennifer de Mayombo insiste sur l’importance de l’éducation au numérique dès l’école. Selon elle, la prévention doit aussi passer par une meilleure sensibilisation des parents et une responsabilisation des plateformes ainsi que des créateurs de contenus.
« Il ne s’agit pas de couper notre jeunesse du numérique, mais de lui garantir un espace numérique plus sûr, plus responsable et mieux adapté à son âge », précise-t-elle, défendant une approche qui concilie les possibilités offertes par Internet et la protection de l’enfance.
Cette prise de position intervient alors que les réseaux sociaux occupent une place importante dans les loisirs, les échanges et les apprentissages des jeunes. Les mécanismes de recommandation, les vidéos courtes et le défilement continu soulèvent notamment des interrogations sur le temps d’écran et l’exposition à des contenus potentiellement préjudiciables.
Pour l’initiatrice du SAMEAU, le Gabon dispose ainsi d’une occasion de définir ses propres règles, adaptées aux réalités nationales. Sa proposition de fixer un âge de référence à 16 ans reste, à ce stade, une piste de réflexion et non une mesure officiellement adoptée. Elle pourrait néanmoins alimenter les discussions sur les responsabilités respectives de l’État, des familles, des établissements scolaires et des acteurs du numérique.