Politique

Wilfried Okoumba annonce une plainte contre Mays Mouissi pour usage présumé de l’avion de la garde républicaine

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À l’approche du premier congrès de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), une nouvelle polémique secoue le parti présidentiel. Dans un audio largement relayé sur les réseaux sociaux ce lundi 1er juin, Wilfried Okoumba Kamitatou affirme avoir saisi Me Moubembe afin d’introduire une plainte devant le tribunal de première instance de Libreville. L’activiste, établi en France, reproche à Mays Mouissi et au secrétariat exécutif de l’UDB l’usage présumé abusif d’un avion de la garde républicaine dans le cadre de tournées politiques à l’intérieur du pays.

Une accusation lourde contre la direction de l’UDB

Dans son message, Wilfried Okoumba Kamitatou interpelle directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Il rappelle que la chute du régime Bongo avait été justifiée, entre autres, par la dénonciation de la gestion patrimoniale de l’État et de l’utilisation abusive des biens publics.

« Monsieur le président, vos frères d’armes et vous aviez décidé de nous débarrasser des Bongo parce que le pays, semble-t-il, était gouverné comme une épicerie, avec l’utilisation abusive des biens de l’État par la famille Bongo et leurs alliés », lance-t-il dans cet audio.

Pour l’activiste, la 5e République devait consacrer une rupture avec ces pratiques. Mais il estime aujourd’hui que certains responsables proches du pouvoir reproduiraient les mêmes travers. Il accuse notamment l’entourage du chef de l’État d’être composé, selon ses mots, de « vendeurs d’illusions, de menteurs et surtout de gens attachés au bling-bling ».

L’avion de la garde républicaine au cœur de la polémique

Wilfried Okoumba Kamitatou affirme avoir observé une délégation du bureau exécutif de l’UDB utiliser un avion de la garde républicaine lors d’une tournée provinciale. Selon lui, cet usage poserait problème si l’appareil a effectivement servi à des activités partisanes et non à une mission officielle de l’État.

C’est sur cette base qu’il annonce vouloir saisir la justice. « C’est pour cela qu’en ma qualité de citoyen gabonais, et non en tant que militant du parti, je me propose de porter plainte contre le secrétariat de l’Union des bâtisseurs pour abus de confiance aggravé », affirme-t-il.

Dans la suite de son propos, il vise directement Mays Mouissi. « Mays Mouissi est aujourd’hui riche, il s’habille sur mesure, il vit dans l’une des plus belles villas de Libreville et il construit des cités entières. C’est la location des avions qu’il ne peut pas faire ? J’ai saisi Me Moubembe, qui va introduire une plainte pour utilisation abusive des biens de l’État », martèle l’activiste.

Des propos à manier avec prudence

À ce stade, ces accusations relèvent des déclarations de Wilfried Okoumba Kamitatou. Aucune décision judiciaire n’a encore établi l’existence d’un usage abusif de biens publics, ni la responsabilité de Mays Mouissi ou du secrétariat exécutif de l’UDB. Le parti et les personnes mises en cause n’ont pas encore, selon les éléments relayés dans l’audio, livré leur version des faits.

La charge est toutefois politiquement sensible. L’UDB, parti présidentiel appelé à structurer la majorité autour de Brice Clotaire Oligui Nguema, se trouve déjà sous observation à l’approche de son premier congrès. Toute accusation portant sur l’utilisation de moyens publics dans une activité partisane risque donc d’alimenter les critiques sur la gouvernance du nouveau régime.

Le recyclage des anciens du PDG également dénoncé

Au-delà de l’avion de la garde républicaine, Wilfried Okoumba Kamitatou a également interpellé Brice Clotaire Oligui Nguema sur un autre sujet : l’arrivée d’anciens cadres ou militants du Parti démocratique gabonais (PDG) dans les rangs de l’UDB. L’activiste dit avoir été frappé, lors de l’étape du Haut-Ogooué de la tournée du secrétariat exécutif, par la présence de plusieurs figures issues de l’ancien parti au pouvoir.

Pour lui, ces ralliements posent un problème d’équité interne. « L’autre problème que je viens vous soumettre, monsieur le président, c’est le recyclage des militants. Lors de l’étape du Haut-Ogooué, j’ai vu plein de pédégistes, et pas des moindres, vouloir rejoindre notre écurie avec des postes ronflants », dénonce-t-il.

« On ne peut pas partir du PDG pour venir jouer les premiers rôles »

Wilfried Okoumba Kamitatou estime que les anciens militants du PDG devraient commencer au bas de l’échelle lorsqu’ils rejoignent l’UDB. Il juge injuste de les voir prétendre immédiatement à des responsabilités importantes dans le nouveau parti présidentiel.

« Le principe voudrait que si une personne part d’un parti politique pour nous rejoindre, elle commence au bas de l’échelle. Elle doit être militante de base comme moi et prouver son militantisme. On ne peut pas partir du PDG pour venir jouer les premiers rôles dans un autre parti. Ça relève purement et simplement de l’injustice. Ça doit cesser », insiste-t-il.

Un congrès déjà sous tension

Cette sortie intervient alors que l’UDB s’apprête à organiser son premier congrès, annoncé dans un mois. Ce rendez-vous doit permettre au parti de renouveler ou de structurer ses instances dirigeantes, dans un contexte de fortes ambitions internes et de rivalités déjà perceptibles.

Après avoir récemment appelé à une recomposition du bureau directeur et proposé sa candidature au poste de secrétaire général, Wilfried Okoumba Kamitatou poursuit donc son offensive contre la direction actuelle du parti. Son nouvel audio ajoute une pression supplémentaire sur Mays Mouissi et le secrétariat exécutif.

À mesure que le congrès approche, l’UDB devra sans doute clarifier plusieurs points : l’usage de ses moyens de déplacement, la place des anciens du PDG, les équilibres internes et les critères d’accès aux responsabilités. Pour un parti né dans le sillage de la rupture promise par le nouveau pouvoir, ces débats pourraient rapidement devenir un test de crédibilité politique.

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