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Société

Prière de guérison monnayée : une vidéo relance la polémique autour des dérives religieuses à Libreville

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Une vidéo largement commentée sur les réseaux sociaux relance le débat sur certaines pratiques dénoncées dans des milieux religieux à Libreville. Relayé ce 16 mars par Bienvenu Nziengui Ntoutoume, plus connu sous le pseudonyme de « Chocolat des filles », l’extrait montre un prédicateur présenté comme intervenant à l’église Christ Révélé aux Nations (CNR), située aux Charbonnages, dans le 1er arrondissement de Libreville.

Dans cette séquence, l’homme demande à une fidèle présentée comme menacée par un malheur imminent de réunir une importante somme d’argent, ainsi qu’une bouteille de vin dite luxueuse, en échange d’une action spirituelle censée favoriser sa guérison et sa protection. La scène, massivement partagée en ligne, a provoqué une vague d’indignation et de commentaires.

Des propos qui choquent

Selon les propos entendus dans la vidéo, la fidèle devrait apporter 1 300 000 FCFA dans une enveloppe, puis 130 000 FCFA dans une autre, avant d’y ajouter une bouteille de vin haut de gamme. En contrepartie, le « père » évoqué dans l’extrait prononcerait une parole destinée à « déchirer le voile de la mort » au-dessus d’elle.

Le prédicateur affirme également voir « un complot » contre cette femme, complot qui viserait à la faire tomber. Il insiste sur l’urgence d’accomplir cette démarche, allant jusqu’à suggérer qu’elle contracte un crédit si elle ne dispose pas immédiatement des sommes demandées. Ces déclarations, tenues lors d’un culte selon la vidéo relayée, ont profondément choqué de nombreux internautes.

Entre foi, peur et argent

Cette affaire remet en lumière une critique récurrente adressée à certains responsables religieux : celle de transformer la détresse spirituelle ou physique de fidèles en source de revenus. Dans de nombreux commentaires publiés après la diffusion de la vidéo, des internautes dénoncent des méthodes fondées sur la peur, la culpabilisation et la pression psychologique.

L’église Christ Révélé aux Nations est connue comme un lieu de délivrance fréquenté par des personnes en quête de guérison ou de solutions spirituelles. Mais pour plusieurs observateurs, le problème tient au fait que de nombreuses pathologies ou difficultés y seraient systématiquement interprétées sous l’angle de l’emprise démoniaque, au détriment parfois d’une prise en charge médicale classique.

Des réactions très partagées

Parmi les nombreuses réactions enregistrées après la diffusion de la séquence, certains internautes dénoncent des pratiques sans fondement biblique. L’un d’eux s’interroge : « C’est un comportement déshumanisant de dire des choses pour effrayer les gens dans tous les sens. Jésus guérissait sans forcément dévoiler ce qu’il voyait, alors d’où viennent ces méthodes qui souvent font couler des larmes aux parents et amis des malades ? »

Un autre intervenant, se présentant comme chrétien catholique, critique lui aussi ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la foi : « Je suis chrétien et je ne nierai pas que Dieu guérit, sauve et protège. Le seul hic, c’est que de nos jours, certains pasteurs préfèrent garder des malades qui peuvent se soigner dans les hôpitaux juste pour se faire de l’argent. »

Des témoignages plus nuancés

D’autres voix appellent toutefois à ne pas généraliser. Jeannette, présentée comme chrétienne évangélique, affirme que « la majorité des malades qui sont guéris dans les églises ont fait le tour des hôpitaux, des charlatans et des guérisseurs sans avoir obtenu de résultat ». Pour elle, l’église apparaît souvent comme le dernier recours dans des situations de détresse extrême.

Mais cette nuance ne dissipe pas les soupçons exprimés par d’anciens proches de certaines missions évangéliques. Une ancienne employée d’une structure religieuse raconte ainsi avoir vu fonctionner une caisse dédiée aux malades, alimentée par des sommes présentées comme des dons, mais en réalité exigées pour obtenir une prière de guérison. Elle affirme que ces fonds auraient servi à bâtir un patrimoine important au profit du responsable religieux concerné.

Une polémique persistante

Face à ces accusations, un pasteur ayant requis l’anonymat défend, lui, le principe des dons à l’église. Il rappelle que, selon les Écritures, celui qui reçoit l’enseignement peut faire part de ses biens à celui qui l’enseigne. « L’argent ne va pas dans nos poches mais dans les caisses de l’église », soutient-il.

Reste que pour de nombreux internautes, les scandales à répétition mêlant argent, emprise et figures religieuses fragilisent la confiance envers certaines communautés chrétiennes. La vidéo relayée ce 16 mars n’a donc pas seulement choqué par son contenu : elle a surtout ravivé un débat plus large sur les frontières entre foi, influence spirituelle et marchandisation de la guérison.

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