Musique
Essassa : Avec « Ova le Mapane » de Le Muet, les habitants interpellent Oligui Nguema sur leurs conditions de vie
À Essassa, les habitants ont trouvé dans la chanson « Ova le Mapane » un écho à leurs préoccupations. À travers ce morceau consacré à la vie dans les quartiers populaires, l’artiste Le Muet évoque les difficultés rencontrées par les familles confrontées à la précarité. Un message qui résonne particulièrement dans cette localité, où les questions d’accès à l’eau potable, d’électricité et de voirie restent au centre des attentes.
La diffusion du titre sur les réseaux sociaux a donné une nouvelle visibilité aux revendications locales. Plusieurs habitants s’en servent pour interpeller directement le chef de l’État, dans l’espoir d’obtenir des réponses concrètes. Au-delà des infrastructures, c’est surtout l’avenir de nombreuses familles installées sur des terrains dont la situation administrative demeure incertaine qui suscite l’inquiétude.
Une régularisation foncière qui inquiète les familles
Essassa fait actuellement l’objet d’une opération de régularisation foncière conduite par les pouvoirs publics. Selon les chiffres officiels communiqués, 1 500 familles ont été recensées dans la zone, mais 700 ne se seraient pas encore présentées aux guichets de la Société nationale immobilière (SNI). Le montant annoncé pour régulariser les parcelles d’une superficie maximale de 2 000 m² est fixé à 600 000 FCFA.
Pour certains ménages, cette dépense représente une charge supplémentaire difficile à supporter. Des habitants affirment avoir déjà déboursé entre 5 et 10 millions de FCFA pour acquérir leurs terrains auprès de vendeurs dont la légitimité foncière est aujourd’hui contestée. Ces témoignages soulèvent la question des transactions irrégulières et du sort réservé aux acquéreurs qui disent avoir agi de bonne foi. L’ampleur des pratiques dénoncées et les responsabilités individuelles restent toutefois à établir.
Trois préoccupations adressées au chef de l’État
À travers cette mobilisation, les habitants souhaitent notamment obtenir un réexamen des conditions financières de la régularisation. Certains réclament un moratoire afin de laisser davantage de temps aux familles les plus modestes pour constituer leurs dossiers et réunir les sommes nécessaires. Leur principale crainte est de perdre des habitations construites au prix de plusieurs années d’efforts.
Les populations demandent également que les auteurs présumés de ventes foncières illégales soient identifiés et sanctionnés, plutôt que de faire supporter toutes les conséquences aux acquéreurs. À ces revendications s’ajoutent les besoins en infrastructures : routes praticables, approvisionnement régulier en eau potable et réseau électrique fiable. Autant de difficultés qui alimentent un sentiment d’abandon dans cette localité pourtant proche de la capitale.
« Monsieur le Président, écoutez Essassa »
C’est dans ce contexte que « Ova le Mapane » prend une dimension particulière. Sur TikTok et WhatsApp, le morceau accompagne les publications consacrées aux conditions de vie des habitants. Le message relayé se résume à une interpellation : « Monsieur le Président, écoutez Essassa. » La chanson devient ainsi un support de mobilisation autour de revendications qui dépassent le seul cadre musical.
Pour Le Muet, cette circulation donne à son titre une portée sociale supplémentaire. Son évocation du quotidien des quartiers populaires rejoint les préoccupations de familles qui souhaitent être entendues avant toute décision susceptible d’affecter leur logement. La musique apparaît ici comme un moyen de porter un débat local dans l’espace public national.
Dans l’attente de réponses concrètes
La mobilisation intervient dans un contexte où les opérations de sécurisation foncière doivent concilier régularisation administrative, lutte contre les ventes illégales et protection des occupants. Pour les familles concernées, l’enjeu est de connaître précisément leurs droits, les démarches à accomplir et les conséquences éventuelles d’une absence de régularisation.
À Essassa, les habitants espèrent désormais que l’écho rencontré par « Ova le Mapane » contribuera à faire avancer leurs préoccupations auprès des autorités. Au-delà de la viralité du morceau, ils attendent surtout des mesures sur le foncier, l’accès aux services essentiels et la sécurisation de leurs habitations.
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