Politique
Conseil des ministres : Elza Rituelle Boukandou quitte le Palais des marbres, une succession déjà convoitée
Dans les couloirs feutrés du Palais des marbres, une porte s’est refermée sans successeur désigné. La secrétaire générale adjointe du Conseil des ministres, également conseillère spéciale du président de la République, a quitté ses fonctions ce jeudi 26 février, avant de rejoindre une administration dont le nom n’a pas été dévoilé. L’annonce n’est pas venue d’un communiqué officiel, mais d’elle-même, via les réseaux sociaux.
Pour l’heure, l’identité de son remplaçant reste inconnue. Mais dans la majorité présidentielle, le fauteuil vacant attire déjà les convoitises, notamment du côté de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), où les ambitions se bousculent, selon le texte.
Une sortie « en responsabilité » et des remerciements au chef de l’État
La principale intéressée, présentée comme une jeune avocate, dit avoir acté son départ au terme d’une réunion du Conseil des ministres, tout en revendiquant un choix assumé. « C’est en responsabilité que j’ai consenti à quitter mes fonctions de conseiller spécial du président de la République, secrétaire adjoint du Conseil des ministres ».

Dans le même message, elle exprime sa « profonde gratitude » au président de la République pour la confiance accordée. Une page se tourne, écrit le texte, au sommet de l’appareil d’État, là où se prépare et s’arbitre une partie de la décision publique.
Une figure d’opposition ralliée à la transition après le 30 août 2023
Connue comme une opposante résolue au régime d’Ali Bongo, Elza Rituelle Boukandou avait fait le choix d’accompagner la transition incarnée par Brice Clotaire Oligui Nguema au lendemain du 30 août 2023. Son ralliement avait alors été salué, selon le texte, comme le symbole d’un dépassement des clivages politiques au profit d’un engagement patriotique.
Nommée à un poste stratégique au cœur de l’appareil d’État au lendemain de la victoire présidentielle de l’ancien commandant en chef de la Garde républicaine, elle s’était imposée comme l’un des visages de la nouvelle dynamique institutionnelle, fondée sur la compétence, la discipline et la culture du mérite, poursuit le texte.
Des raisons non précisées, des lectures qui se multiplient
Aucune raison officielle n’a été avancée pour expliquer ce départ. Cette absence d’explication nourrit des spéculations : certains y voient l’expression d’un désaccord latent face à certaines orientations du nouveau pouvoir, jugées par des observateurs comme des « dérives » rappelant des pratiques du passé.
D’autres, au contraire, interprètent cette sortie comme un acte de dignité. Dans le texte, le message de Jérôme Bosco Okoura est cité comme soutien et lecture morale de l’événement. « Les valeurs et la conviction prévalent lorsqu’on occupe des hautes fonctions. Une fois que l’un de ces éléments manque, mieux vaut démissionner pour rester cohérent avec soi-même. Elza, tu n’es pas restée pour conserver les honneurs et le bon salaire comme auraient fait d’autres ».
Il ajoute : « À tous ceux et celles qui occupent des hautes fonctions dans l’administration publique, si vous n’êtes pas à l’aise avec ce que vous faites, démissionnez dignement et avec respect, puis lancez-vous dans ce qui donne un sens à votre vie ».
Une succession ouverte, un débat relancé sur la transition
En attendant d’éventuelles clarifications officielles, ce départ continue d’alimenter les commentaires et relance le débat sur la trajectoire de la transition, ses équilibres internes et la capacité du régime à incarner une rupture durable avec les méthodes d’hier.
Dans l’immédiat, une seule certitude ressort du texte : au sommet de l’exécutif, une place stratégique est vacante, et la bataille de succession — au moins dans les imaginaires politiques — semble déjà engagée.
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