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Annie Flore Batchiellilys se confie sur sa performance captivante à l’Elysée devant Macron

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Annie-Flore Batchiellilys a offert un moment de grande intensité au palais de l’Élysée. Le 20 juillet 2026, lors du dîner de gala organisé dans le cadre de la visite d’État du président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema en France, la chanteuse gabonaise a interprété Moine Vole, l’un de ses titres les plus chargés d’histoire. Ce dimanche 26 juillet, l’artiste est revenue sur cette prestation émouvante, sur le sens profond de ce chant et sur la réaction très remarquée du chef de l’État.

Un chant hérité de sa grand-mère

Pour Annie-Flore Batchiellilys, le choix de Moine Vole n’avait rien d’anodin. Ce morceau, issu de son album Diboty, sorti en 2002, est lié à une histoire familiale intime. L’artiste explique que cette chanson lui a été transmise en 1990 par sa grand-mère, au moment où elle s’apprêtait à partir en France avec son mari.

« Moine Vole, c’est un héritage. En 1990, alors que je m’apprêtais à partir en France avec mon mari, ma grand-mère m’a demandé de prendre mon magnétophone pour qu’elle enregistre une chanson qu’elle me confiait avec une mission très particulière : la chanter à toutes les personnes en souffrance, à celles qui traversent des épreuves, à tous les moments où l’être humain a besoin d’être réconforté », confie-t-elle.

Une berceuse de douleur et d’espérance

Derrière la beauté du chant se cache un récit douloureux. Annie-Flore Batchiellilys explique que Moine Vole raconte l’histoire d’une veuve déshéritée et chassée de son village par sa belle-famille. Malgré la violence de cette épreuve, la femme chante pour bercer son enfant, garder l’espérance et trouver la force de reprendre le chemin de son village.

« C’est un chant de résilience, de dignité et d’espérance », résume l’artiste. Cette dimension explique la force émotionnelle du morceau, mais aussi sa portée universelle. À l’Élysée, dans un cadre diplomatique très solennel, la chanson a ainsi pris une résonance particulière, entre mémoire familiale, souffrance humaine et transmission culturelle.

Une victoire pour la mémoire familiale

Interpréter ce chant à l’Élysée a représenté, pour Annie-Flore Batchiellilys, bien plus qu’une prestation officielle. L’artiste parle d’une victoire personnelle, mais aussi d’une victoire pour la mémoire de sa grand-mère, dont la voix et le message ont traversé le temps jusqu’à ce lieu hautement symbolique.

« Tout au long de ma carrière, j’ai toujours accordé une grande importance au sens des chansons que je choisis de transmettre. Interpréter Moine Vole à l’Élysée, aux côtés d’Adriana Bignagni, a été une immense victoire : une victoire pour moi, mais aussi pour la mémoire de ma grand-mère, dont la voix et le message ont ainsi voyagé jusqu’à ce lieu symbolique », explique-t-elle.

Adriana Bignagni, relais d’une transmission

La prestation s’est également construite autour d’un passage de témoin. Annie-Flore Batchiellilys insiste sur la présence d’Adriana Bignagni à ses côtés, qu’elle considère comme une manière de transmettre ce patrimoine à une nouvelle génération d’artistes gabonais.

« Adriana interprète désormais cette chanson dans son propre répertoire, et je considère qu’il est de notre responsabilité de faire vivre ce patrimoine culturel en le confiant à ceux qui poursuivront cette histoire », souligne-t-elle.

Cette transmission entre deux voix féminines gabonaises a donné à la prestation une dimension encore plus forte. Elle a permis de montrer qu’une œuvre issue d’un héritage intime peut devenir un bien culturel partagé, appelé à circuler au-delà de sa première interprète.

Bach et la tradition gabonaise réunis

L’un des choix les plus symboliques de cette performance fut l’association de Moine Vole avec le prélude de Bach. Pour Annie-Flore Batchiellilys, cette rencontre entre la musique traditionnelle gabonaise et le répertoire classique universel portait un message clair : les cultures ne s’opposent pas, elles dialoguent.

« Chanter Moine Vole sur le prélude de Bach était un choix profondément symbolique. Cette rencontre entre la musique traditionnelle gabonaise et le répertoire classique universel montre au monde que la diversité culturelle est une richesse, jamais un problème. Au contraire, elle est une source de dialogue, de beauté, d’amour, d’unité et de paix », affirme la chanteuse.

L’émotion d’Oligui Nguema découverte après coup

La vidéo de la prestation a particulièrement marqué les internautes en raison de la réaction visible du président Brice Clotaire Oligui Nguema, apparu très touché par l’interprétation. Annie-Flore Batchiellilys assure pourtant n’avoir découvert cette émotion qu’après la cérémonie, en visionnant les images.

« Pour être tout à fait honnête, j’ai découvert son émotion en même temps que vous, en regardant la vidéo après la cérémonie. Sur le moment, j’étais entièrement concentrée sur la mission qui nous avait été confiée, à Adriana et à moi », raconte-t-elle.

Une mission vécue avec appréhension

La chanteuse reconnaît avoir ressenti une forte pression avant cette prestation. Pendant les trois jours qui ont précédé le dîner de gala, elle dit avoir été habitée par la crainte de ne pas être à la hauteur de la confiance placée en elle.

« J’avais peur de ne pas être à la hauteur de la confiance que le président de la République avait placée en nous. En découvrant ensuite son émotion, j’ai été profondément touchée. J’y ai vu la preuve que la musique peut accomplir quelque chose de plus grand que nous : elle peut toucher les cœurs, au-delà des mots, des fonctions et des protocoles », confie-t-elle.

Pour l’artiste, la réaction du président gabonais a donc valeur de récompense. « Si notre interprétation a pu émouvoir le président, alors je me dis que nous avons accompli notre mission. C’est sans doute la plus belle récompense que puisse recevoir un artiste », ajoute-t-elle.

Une scène qui répare une partie de son histoire

Interrogée sur l’impact que cette performance pourrait avoir sur sa carrière en France, Annie-Flore Batchiellilys préfère rester prudente. Elle estime qu’il est encore trop tôt pour mesurer les éventuelles retombées professionnelles d’une prestation aussi récente.

Mais sur le plan intime et artistique, la chanteuse parle déjà d’un moment de restauration. « Cette expérience a confirmé une conviction qui m’habite depuis toujours. J’ai eu raison de croire en ma culture, de défendre mon identité artistique et de rester fidèle aux valeurs d’amour, de paix et de fraternité que je porte à travers mes chansons », explique-t-elle.

Une reconnaissance après des années d’incompréhension

Annie-Flore Batchiellilys ne cache pas que cette mission a eu pour elle une portée profonde. Après des années où elle dit s’être parfois sentie incomprise, ignorée, voire maltraitée par les siens, chanter à l’Élysée lui a permis de retrouver une forme de reconnaissance.

« Cette mission de chanter à l’Élysée a été pour moi une véritable restauration. Elle m’a redonné confiance, elle m’a réconciliée avec une partie de mon histoire et elle m’a permis de retrouver une forme de reconnaissance dans mon propre pays », confie l’artiste.

Une gratitude adressée au président gabonais

La chanteuse a également tenu à exprimer sa reconnaissance au président Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’elle remercie pour la confiance accordée à cette prestation culturelle lors d’un moment diplomatique aussi important.

« En me confiant cette mission, il ne m’a pas seulement offert l’honneur de représenter le Gabon à l’Élysée. Il m’a aussi permis de vivre un moment qui restera gravé dans ma vie d’artiste et dans mon parcours de femme », déclare-t-elle.

Une responsabilité culturelle assumée

Pour Annie-Flore Batchiellilys, cette prestation ne doit pas être perçue comme un simple moment protocolaire. Elle y voit désormais une responsabilité : celle de continuer à servir le Gabon à travers la musique, la mémoire et la transmission du patrimoine culturel.

« Je considère cette confiance comme une responsabilité. Elle m’encourage à continuer de servir mon pays avec la même sincérité, le même engagement et le même amour de notre patrimoine culturel », conclut-elle.

Avec cette interprétation de Moine Vole à l’Élysée, Annie-Flore Batchiellilys a rappelé que la musique gabonaise peut porter une histoire intime tout en touchant l’universel. Une voix, une berceuse, une mémoire de grand-mère et un chant de résilience auront suffi à faire voyager le Gabon jusqu’au cœur d’un moment diplomatique majeur.

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