Société
Emploi au Gabon : Jennifer de Mayombo interroge le poids grandissant des influenceurs
Dans une publication faite ce mercredi 13 mai, Jennifer de Mayombo, épouse Kangouna, a ouvert un débat sensible sur les critères d’accès aux opportunités professionnelles au Gabon. La journaliste s’interroge sur la place accordée aujourd’hui à la visibilité sur les réseaux sociaux, parfois perçue comme plus déterminante que les diplômes, les compétences et l’expérience. Une sortie qui résonne fortement dans un pays où de nombreux jeunes diplômés peinent encore à trouver un emploi stable.
Le diplôme ne suffit-il plus ?
Pendant longtemps, le diplôme a été considéré comme un passeport vers l’emploi. Il permettait de distinguer les profils, d’ouvrir les portes des administrations, des entreprises et des postes qualifiés. Dans l’imaginaire collectif, faire des études devait protéger du chômage et garantir, au moins en partie, une insertion professionnelle durable.
Mais cette logique semble aujourd’hui fragilisée. Dans un contexte marqué par la montée en puissance des réseaux sociaux, la visibilité numérique devient un atout de plus en plus recherché. Pour Jennifer de Mayombo, cette évolution pose question, surtout lorsque des jeunes diplômés, compétents et motivés restent sans emploi malgré leurs efforts.
TikTok, nouvelle porte d’entrée vers les opportunités ?
La journaliste ne condamne pas la visibilité en ligne. Elle invite plutôt à s’interroger sur les équilibres actuels. Dans son message, elle relève que certaines opportunités semblent désormais davantage accessibles à ceux qui disposent d’une audience sur TikTok, Facebook ou d’autres plateformes numériques.
« Comment comprendre que pour avoir certaines opportunités de travail aujourd’hui, les diplômes et les compétences ne semblent plus suffire… Il faut être visible sur TikTok ou les réseaux sociaux », écrit-elle. Une phrase qui a rapidement suscité des réactions, tant elle touche à une frustration largement partagée par une partie de la jeunesse gabonaise.
Les diplômés face au sentiment d’injustice
Pour Jennifer de Mayombo, le problème devient plus préoccupant lorsque cette valorisation de la notoriété numérique se fait au détriment de profils formés. Selon elle, de nombreux jeunes Gabonais ont suivi des études, obtenu des diplômes, développé des compétences et nourri l’espoir d’intégrer le monde professionnel, sans pour autant trouver leur place.
« Pendant ce temps, de nombreux jeunes Gabonais diplômés, compétents et motivés restent au chômage, assis à la maison, malgré leurs efforts, leurs études et leur volonté de travailler », déplore la journaliste. Son propos met en lumière une tension sociale bien réelle : celle d’une jeunesse qui a cru au mérite scolaire, mais qui voit parfois d’autres critères peser davantage dans l’accès aux opportunités.
Une critique assumée, mais pas une attaque
Consciente de la sensibilité du sujet, Jennifer de Mayombo a tenu à préciser le sens de sa sortie. Elle assure ne viser personne en particulier et rejette toute lecture haineuse ou personnelle de son message. Pour elle, il s’agit avant tout d’un constat et d’une invitation au débat.
« Ce message n’est pas une attaque ni de la haine envers qui que ce soit. C’est simplement un constat qui mérite peut-être une réflexion collective sur nos priorités et sur la manière dont les opportunités sont aujourd’hui accordées », précise-t-elle. Une manière de replacer la discussion sur le terrain des choix de société, plutôt que dans celui des polémiques individuelles.
Réconcilier visibilité, mérite et compétence
La présentatrice de GabKulture ne nie pas l’importance des réseaux sociaux dans le monde actuel. Elle reconnaît que la visibilité peut être valorisée, notamment dans les métiers de la communication, de la culture, de l’image ou du marketing. Mais elle estime que cette visibilité ne devrait pas effacer le mérite, le travail et les compétences.
« Valoriser la visibilité, pourquoi pas. Mais il ne faudrait pas oublier le mérite, le travail et les compétences », conclut-elle. Derrière cette phrase se dessine une interrogation plus large : comment offrir des opportunités aux talents émergents sans décourager ceux qui ont misé sur la formation, l’effort et la qualification ?
Un débat qui dépasse les réseaux sociaux
La sortie de Jennifer de Mayombo dépasse le simple cadre d’une publication Facebook. Elle met en évidence une mutation profonde du marché de l’attention, où l’audience en ligne peut parfois devenir un capital aussi puissant qu’un diplôme. Dans un pays confronté au chômage des jeunes, cette évolution soulève une question essentielle : quelle place veut-on accorder au savoir, à l’expérience, à la compétence et à la notoriété dans la construction des parcours professionnels ?
En posant publiquement cette question, la journaliste ouvre un débat utile. Car si les réseaux sociaux peuvent révéler des talents, ils ne devraient pas devenir le seul raccourci vers les opportunités. Pour une société qui veut miser sur sa jeunesse, l’enjeu est de trouver un équilibre juste entre visibilité, mérite et compétence.
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