Entretien
Aurelia Oyane Obame : une femme derrière la caméra, brisant les stéréotypes

Il y a un mois, lors de la traditionnelle fête de l’indépendance et de la libération, une jeune femme, caméra à la main, a attiré l’attention. Sa présence a surpris, car le métier de cadreur est encore perçu comme un domaine masculin. Cette jeune femme, Aurelia Oyane Obame, est bien plus qu’une simple cadreuse : elle est une passionnée de l’audiovisuel depuis son plus jeune âge. Voici le portrait d’une femme de 28 ans, diplômée en sociologie, qui a choisi de suivre sa passion.
Star241 : Présentez-vous à nos lecteurs.
Je m’appelle OYANE OBAME BIVEGHE Jacquie Michelle Aurelia, j’ai 28 ans. Détentrice d’une licence en sociologie obtenue à l’Université OMAR BONGO, j’ai pourtant décidé de me consacrer entièrement à ma passion pour l’audiovisuel.
Star241 : Comment êtes-vous devenue cadreuse ?
J’ai toujours été passionnée par les métiers de l’art. Plus jeune, j’étais danseuse interprète au sein de la compagnie de danse No Comment. Ensuite, j’ai été modèle photo et vidéo, et c’est là que je suis tombée amoureuse de la caméra. À la fin de 2019, j’ai rencontré David Bienvenu Kombo, réalisateur et PDG de la structure GASMAR Movies. Je lui ai partagé mes aspirations, et nous avons commencé à travailler ensemble. Je suis d’abord devenue son assistante réalisatrice, puis j’ai accumulé des contrats et de l’expérience. Ce n’est qu’en 2023 que j’ai officiellement décidé de me lancer dans le cadrage et le montage vidéo, avec comme mentor Hale Adegbeyi.
Star241 : Quelles sont vos fonctions actuelles ?
Tout dépend de mes contrats. Je peux être assistante réalisatrice, mais la plupart du temps, je suis cadreuse.
Star241 : Pourquoi êtes-vous devenue cadreuse ?
Mon objectif est de devenir réalisatrice. Pour cela, il est essentiel de maîtriser la caméra et d’en avoir une parfaite connaissance. Un bon cadrage est la base de tout projet cinématographique ou vidéo.
Star241 : Quel a été votre premier événement filmé ? Les réactions ont-elles été surprenantes de voir une femme à la caméra ?
J’ai participé à de nombreux événements, mais je vais parler du plus récent, la fête de l’indépendance et du 30 août. J’ai filmé pour les BAKA et je remercie la structure GO7GO, dirigée par Nans Ethnik. La réaction est toujours la même : les gens sont étonnés de voir une femme courir pour capturer des images, car on est habitué à voir des hommes dans ce rôle.
Star241 : Avez-vous été victime de discrimination à cause de votre genre ?
Oui, souvent. Le métier de cadreur est considéré comme un « métier d’homme ». En tant que femme, on remet souvent en doute mes compétences. Récemment, lors d’un contrat où j’étais la seule femme de l’équipe, j’ai entendu des commentaires comme « j’espère que ce n’est pas sa beauté qui l’a amenée ici ». Lorsqu’il fallait prendre certaines décisions, j’étais parfois mise à l’écart.
Star241 : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes hésitant à se lancer dans ce métier ?
Je leur dirais qu’il faut beaucoup de courage et une immense passion. Il y aura des moments de doute, de pression, des échecs et des réussites, mais il faut toujours croire en ses rêves. Ce n’est pas un milieu facile, surtout pour une femme, avec les critiques et ceux qui pourraient essayer de profiter de vous. Il faut se former (aujourd’hui, avec internet, on peut tout apprendre), être patiente et disciplinée.

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